Nous sommes en guerre, a dit le président de la République, des propos repris par son ministre de l’économie. Certains grands groupes - LVMH, L'Oréal, Pernod-Ricard, Tereos - et les fabricants de papier et de cellulose ont pris ces mots au pied de la lettre.

Les grands groupes d'entreprises s'engagent : gels, masques et effort de guerre
Les grands groupes d'entreprises s'engagent : gels, masques et effort de guerre © AFP / Thomas Samson

C’est plutôt une bonne nouvelle. Les entreprises du CAC 40 sont des mécaniques incroyables en termes d’organisation et lorsqu’elles se mobilisent on ne peut que se réjouir. Ce qu’on peut regretter c’est qu’elles ne l’aient pas fait plus vite et spontanément. Il a fallu qu’une demande administrative parvienne vendredi dernier aux entreprises de la cosmétique pour qu’elles se mettent enfin à fabriquer ce gel hydroalcoolique qui manque depuis trois semaines. 

Depuis LVMH, L'Oréal, Clarins se mobilisent. Le groupe sucrier Tereos, qui produit de l’alcool, et Pernod Ricard s’y sont mis aussi. On va peut-être pouvoir se désinfecter les mains partout. 

Est-ce qu’on peut avoir la même mobilisation pour les masques ? 

Apparemment c’est plus compliqué. Plusieurs PME du textile ont commencé à produire des masques en tissu, comme l’a fait en Italie le fabricant de vêtements Elena Miro. Ces masques, pour certains, sont validés par la Direction générale de l'armement (ministère des armées). 

Mais pour les masques médicaux, on attend toujours. La production reste entre les mains de trois PME qui font tout ce qu’elles peuvent. Avec, on l’a appris hier soir, un risque. Chez les fabricants de papier et de pâte à papier, certains salariés, après avoir entendu le président de la République, ont décidé de rester confinés. Or sans eux, pas de cellulose pour le papier toilette, pas de carton d’emballage pour l’alimentaire et la distribution, pas de papier technique pour les masques. 

La Copacel, leur fédération professionnelle, supplie donc le gouvernement de lui donner le statut de « secteur particulièrement nécessaire à la sécurité de la Nation ou à la continuité de la vie économique et sociale », un statut prévu par la loi d’urgence qui sera votée aujourd'hui à l'Assemblée et demain au Sénat.

Qu’est-ce que ça changerait pour eux ? 

Cela enverrait un message à leurs salariés: on a vraiment besoin de vous, comme on a besoin des salariés de l’agroalimentaires, des postiers, des salariés de la distribution, des livreurs, des artisans, des techniciens de Fnac Darty et j’en oublie. 

En mettant presque sur le même plan l’autorisation de sortir son chien et de se rendre au travail, Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont commis une bévue. Il faut saluer l’effort que font ceux, très nombreux, qui travaillent et se déplacent au service des autres, plutôt que de redoubler de zèle policier. Ceux qui fabriquent le gel chez LVMH sont tous volontaires. C’est facile de dire ça en flagrant délit de télétravail, mais merci beaucoup. 

Et qu’y a-t-il à la une de L’Obs cette semaine ? 

“Faire face” au virus, c’est La liberté guidant le peuple, du peintre Delacroix, avec un masque bien sûr !

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