Après l’affaire du fichage occulte de ses cadres et celle du train de vie de ses dirigeants, on découvre ce matin, dans Le Parisien, de nouvelles révélations sur d’étranges pratiques sociales chez FO. Le syndicat est accusé d’avoir enfreint le droit du travail.

Pascal Pavageau, ancien secrétaire général de Force Ouvrière obligé de démissionner après des révélations sur la direction de son syndicat
Pascal Pavageau, ancien secrétaire général de Force Ouvrière obligé de démissionner après des révélations sur la direction de son syndicat © AFP / Philippe HUGUEN

C’est un comble : une sorte de version syndicale de l’arroseur arrosé où l’on découvre que FO applique à certains de ses salariés le pire des méthodes patronales. Au point que, vendredi dernier, la Confédération a été condamnée aux Prud’hommes à verser plus de 100 000 euros d’arriérés de salaires et de dommages et intérêts à l’employé de l’un de ses centres de formation. Motif ? Le salarié en question avait dû se transformer en auto-entrepreneur, un statut pourtant décrié à longueur de journée par FO. Plus incroyable encore, une partie de sa rémunération lui était versée en liquide. Le problème est que ce salarié a porté plainte contre son propre syndicat. Bernard Baillard, c’est son nom, un ancien syndicaliste de la police, s’est rebiffé quand, après 14 ans comme formateur chez FO, on l’a viré après un accident du travail. Il a porté plainte et gagné sur toute la ligne puisque son départ a forcé a été requalifié par le juge en licenciements abusif. 

Est-ce que cette affaire peut fragiliser un peu plus FO ?   

Plus que ça, elle risque malheureusement d’abîmer un peu plus encore l’image du syndicalisme français. On se souvient qu’à la CGT, Thierry Le Paon avait été poussé dehors après les multiples révélations sur son train de vie. Là, c’est bien sûr un nouveau coup dur pour FO à deux jours avant l’élection mercredi du successeur de Pascal Pavageau. Lequel Pavageau a dû démissionner quand on a appris l’existence d’un fichier secret qui fliquait les hauts cadres du syndicat. Mais ce n’est pas tout, début novembre, Le Parisien a dévoilé les notes de frais extravagantes et les salaires confortables des dirigeants de FO – plus de 8300 euros bruts pour Jean-Claude Mailly - alors que les comptes du syndicat ont plongé dans le rouge. De quoi démoraliser les adhérents. 

Le nouveau secrétaire général de FO qui sera élu mercredi va-t-il rompre avec ces pratiques ?  

Beaucoup en interne réclament un grand ménage. Mais, même si c’est le cas, les affaires qui ont éclaboussé FO ces dernières semaines pourrait bien lui coûter cher lors des prochaines élections professionnelles.

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