Le mois de septembre est une période faste pour les ventes de téléphones. Ce n’est déjà pas facile de choisir entre les différents modèles mais demain ce sera peut-être encore plus compliqué. Sophie Fay nous explique pourquoi.

Cet après-midi, Huawei va dévoiler à Munich son dernier bébé, le Mate 30, il pourrait être équipé d’un nouveau système, appelé HarmonyOS, conçu par le géant chinois, pour remplacer Android.
Cet après-midi, Huawei va dévoiler à Munich son dernier bébé, le Mate 30, il pourrait être équipé d’un nouveau système, appelé HarmonyOS, conçu par le géant chinois, pour remplacer Android. © Getty / SOPA Images

A la rentrée, les fabricants de téléphone nous donnent toujours des envie de changement avec leurs  nouveaux modèles. Entre l’iPhone dernier cri et le Samsung pliant, ou un modèle plus classique et moins cher, il faut choisir. 

Mais quel que soit l’appareil qu’on achète, il tourne forcément avec  un logiciel américain auquel nous sommes déjà habités

Il n’y a que deux systèmes sur le marché: iOS, celui d’Apple, et Android, celui mis au point par Google. iOS équipe tous les iPhone et Android tous les autres téléphones, y compris ceux du coréen Samsung ou du chinois Huawei

Les Américains avaient  donc largement gagné la guerre des logiciels de smartphones, jusqu’à ce que Donald Trump réveille brutalement les ambitions chinoises. Il menace depuis plusieurs mois d’empêcher le géant chinois Huawei d’utiliser Android et les applis Google.  

On va donc peut-être arriver des nouveaux smartphones 100% chinois ? 

Cet après-midi, Huawei va dévoiler à Munich son dernier bébé, le Mate 30. Et la société entretient depuis l’été un savant suspense. il pourrait être équipé d’un nouveau système, appelé HarmonyOS, conçu par le géant chinois, pour remplacer Android. Mi-août, Huawei a annoncé qu’il était prêt. 

Jusqu’à présent, le géant chinois ne voulait pourtant pas changer les habitudes de ses clients. Mais comme Donald Trump ne lèvera pas ses menaces avant le 19 novembre, Huawei se prépare à commercialiser un smartphone 100% chinois, avec les appli WeChat ou Baidu Maps. On saura à 14h s’il le fait vraiment.  

Là où il n’y a pas de suspense en revanche, c’est que les consommateurs ne sont pas près de voir un système européen... 

Les Chinois ont réussi à construire en peu de temps une alternative à Apple et Android, mais l’Europe, elle, serait bien incapable d’une telle prouesse. On ne voit pas comment elle pourrait rattraper son retard. 

Chez Huawei, les dollars coulent à flot pour préparer un logiciel que le groupe n’est  même pas certain de commercialiser. Chez Google ou Apple aussi. Ici, on est très loin du compte.

Et les logiciels de smartphones ne sont qu’un exemple de technologie où les Européens se font distancer. 

C’est pour cela que les équipes de la Direction recherche de la Commission européenne ont mis sur la table un projet de Fonds souverain européen. Il serait doté de 100 milliards d’euros. Mais ce n’est encore à ce stade qu’une esquisse ultra préliminaire. 

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