Toute la planète football est en ébullition depuis dimanche. Douze clubs - anglais, espagnols ou italiens - ont annoncé qu’ils faisaient sécession pour créer une nouvelle compétition, la Super League. Pourquoi la banque américaine se prête-t-elle au jeu ?

Ces douze poids lourds du foot veulent être sûrs de participer tous les ans à la compétition européenne phare de leur discipline. Et puisque ce sont eux qui génèrent le plus d’audience à la télé, ils veulent recevoir une plus grosse part des droits sportifs, pas être dans un système aussi redistributif que l’UEFA. 

Et puis les championnats européens rapportent moins en droits audiovisuels que les tournois domestiques. Ils veulent rééquilibrer ça et partager la manne entre un plus petit nombre. 

Aujourd’hui, il faut gagner la Ligue des champions pour toucher le gros lot, 120 millions d’euros. Demain avec le modèle de Super League, les équipes triées sur le volet auraient “au moins 200 millions par an chacune”. C’est en tout cas ce qu’écrit mon confrère des Echos

Pour organiser une nouvelle League, il faut beaucoup d’argent, non ? 

Oui, il faut pouvoir promettre des droits alléchants aux clubs. Il fallait donc un financier aux proches profondes, très profondes même. Il s’agit de la banque américaine JP Morgan. Elle s’est engagée à apporter 4 milliards d’euros, un prêt sur 23 ans. 

Et on voit déjà les effets: les actions Juventus et Manchester United ont bondi en Bourse. 

Pourquoi JP Morgan ? Parce qu’elle a une longue tradition dans ce secteur du foot. C’est elle qui a conseillé la famille Glazer, des milliardaires américains, pour le rachat de Manchester United en 2003. Elle a ensuite fait l’introduction en Bourse du club. Elle a aussi conseillé un autre milliardaire, Dan Friedkin, distributeur de Toyota aux Etats-Unis et producteur de films, pour l’achat de l’AS Roma et elle a aidé le Real Madrid à trouver de l’argent pour rénover son stade. 

Pourquoi fait-on appel à une banque américaine pour le foot européen ? 

Peut-être qu’une banque européenne n’aurait pas aimé avoir cette image là. Sauf peut-être les banques suisses mais elles sont mal en point. JP Morgan est surtout une des deux ou trois plus grosses banques du monde. 

Elle vaut 385 milliards d’euros contre 67 milliards pour la première banque européenne, BNP Paribas. Et puis son président Jamie Dimon n’a peur de rien. Il a survécu à la crise des subprime et à l’affaire Madoff pour lesquelles sa banque a écopé d’énormes amendes.

Il vient de dire qu’il était favorable à un impôt sur les plus riches post covid, pour réduire l’écart entre les plus riches et les plus pauvres, mais ça ne l'empêche pas de financer ceux qui veulent aggraver ces inégalités dans tous les domaines, y compris sportifs. 

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.