Après avoir quitté ses fonctions ministérielles, début 2016, Fleur Pellerin avait créé son fonds d’investissement, Korelya. Un fonds alimenté exclusivement – à hauteur de 200 millions d’euros – par Naver, un géant sud-coréen de l’Internet.

C’est là que le bât blesse. Ce groupe était l’un de ses interlocuteurs quand elle était au gouvernement. Ils ne pouvaient donc pas faire de business ensemble, durant les trois ans suivant le passage de la ministre dans le privé. C’est ce que pense l’autorité qui a transmis le dossier au Parquet national financier.

C’est la première fois que cette autorité indépendante signale un possible délit à la justice. Jusqu’à présent, il était assez rare de voir d’anciens ministres rebondir dans le privé, mais le mouvement s’est accéléré depuis l’an dernier. A droite comme à gauche, beaucoup de grosses pointures politique ont perdu leur siège de député aux dernières législatives et se sont reconvertis dans les affaires : l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve est devenu avocat chez Auguste & Debouzy, Axelle Lemaire, en charge de l’économie numérique est partie chez Roland Berger, le géant du conseil, Nathalie Kosciusko-Morizet travaille à New York pour Capgemini. Ça pantoufle sévère. Notre haute autorité a donc du pain sur la planche.

Au Etats-Unis, ce mélange des genres est permanent et ça ne choque pas grand monde. Là-bas on utilise d’ailleurs une expression très imagée : les revolving doors – les portes tambours, qui permettent de passer allègrement du public au privé. Hillary Clinton se fait rémunérer des centaines de milliers de dollars pour ses conférences à Wall Street. Les Européens ne sont pas en reste. Barroso, l’ancien président de la Commission européenne s’est recyclé chez Goldman Sachs. L’ancien chancelier allemand Gerhardt Schroeder travaille pour le Russe Gazprom. Fleur Pellerin elle a levé de l’argent en Corée pour financer des start-up en Europe et les aider à grandir. On n’est pas dans le même registre. Les Français sont encore petits joueurs. 

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