Les dirigeants et les grands patrons du monde entier se retrouvent à partir de demain à Davos, dans les Alpes suisses, pour le Forum économique mondial. Cette année, ils vont beaucoup parler du climat. Ce sera vraiment un sommet vert ?

Le Forum économique mondial ou FEM, souvent appelé forum de Davos, dont la 50e édition se déroule actuellement
Le Forum économique mondial ou FEM, souvent appelé forum de Davos, dont la 50e édition se déroule actuellement © AFP / Fabrice Coffrini

En tout cas, Greta Thunberg y sera en vedette, comme l’an dernier. Les patrons seront d’autant plus nombreux à l’écouter, que les incendies en Australie sont dans toutes les têtes. Ils savent aussi que s’ils veulent embaucher les meilleurs talents, ils doivent montrer “patte verte”.  

Ce n’est pas du tout une phrase théorique : il y a en ce moment en France une polémique très éclairante. Les étudiants de l’Ecole Polytechnique contestent l’installation de la direction de la recherche de Total au cœur de leur campus. 

Les jeunes de l’X se méfient de l’ascendant que pourrait avoir le groupe pétrolier et gazier sur la quarantaine d’élèves de chaque promo qui sont appelés à rejoindre l’Etat pour s’occuper de politique énergétique. 

Ce sont les jeunes qui font bouger les patrons ? 

Pas seulement. On a beaucoup parlé ces dernier temps de BlackRock qui est un des plus grands gestionnaires d’actifs financiers mondiaux. Il vient d’annoncer qu’il allait  - enfin - cesser d’investir dans les entreprises liées au charbon et qu’il allait orienter ses clients vers des placements verts, qui sont aujourd’hui ultra minoritaires (2%) dans sa gestion. 

Ce ne sont pas les jeunes qui l’ont fait bouger mais la pression de l’ancien vice-président des Etats-Unis, Al Gore, et d’une riche congrégation religieuse, les Sœurs de la Miséricorde. 

La société Microsoft a aussi fait des annonces ambitieuses avant Davos : parvenir à une empreinte carbone « négative » d’ici A 2030 et surtout rembourser sa dette carbone, c’est-à-dire toutes les émissions accumulées depuis sa création en 1976. ça, ce sera pour 2050. 

2020 commence dibc plutôt bien, mais attention. Pour Microsoft comme pour BlackRock, il y a débat sur le rythme ou la manière dont ils vont tenir leurs promesses

Certaines entreprises ont l’art de retourner l'argument climatique à leur avantage

Prenez Ben Smith, le patron d’Air France-KLM :  pour lui on devrait écarter toute idée de taxe carbone sur les billets d’avion, car, dit-il, il a besoin de gagner plus d'argent pour changer sa flotte et avoir des Airbus ou des Boeing moins polluants.

Surtout, il est beaucoup plus facile à Davos d’avoir un discours positif sur l’environnement que sur la réduction des inégalités. Le rapport sur les inégalités dans le monde, que l’ONG Oxfam présente chaque année au Forum, risque donc de passer au second plan. Or les milliardaires, soit 2 153 personnes, possèdent plus de richesses que 60% de la population mondiale (4,6 milliards de personnes). Et on n’a toujours pas le début du commencement d’un rééquilibrage. 

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