Sur ce sujet précis de la fiscalité, les candidats ont fait service minimum. Tous ou presque se contentent de vœux pieux, souvent les mêmes d’une liste à l’autre

Que proposent les différents partis pour la question des impôts ?
Que proposent les différents partis pour la question des impôts ? © Getty / Gwengoat

Qu’est-ce qui ressort des programmes des candidats en matière de propositions sur les impôts ?

Harmonisation européenne pour éviter le dumping fiscal, taxation des produits d’importations, lutte contre les paradis fiscaux… Bref, tous recyclent à tout va des slogans. Pas de la première jeunesse. Avec, tout de même, deux ou trois idées un peu plus originales.

Par exemple ?

Contre l’évasion fiscale, par exemple, la France insoumise prône « un impôt universel » au sein de l’UE. 

Pour Manon Aubry, c’est simple : si un Français s’installe dans un pays où l’impôt sur le revenu est plus doux qu’en France – comme ce fut le cas par le passé pour Michel Houellebecq en Irlande ou Marc Lévy en Angleterre -, il devra rembourser la différence au fisc français.
Cet « impôt universel » est évidemment contraire à la suppression de la double imposition voulue par les traités européens. Mais ce qui est cocasse, c’est que la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon reprend une mesure… américaine puisque les Etats-Unis de Donald Trump taxent en effet les revenus de ses ressortissants expatriés.

Autre proposition surprenante, Raphaël Glucksmann, à la tête de la liste Place-Publique-PS, propose un Impôt Sur la Fortune européen pour financer la transition écologique. Quand on sait qu’il ne reste qu'un seul pays en Europe, l’Espagne qui a encore l’ISF, on doute très fort du réalisme d’une telle proposition. Que l’on ne retrouve pas, d’ailleurs, dans le programme d’Europe Ecologie.

Que retient-on encore la lecture des programmes ?

Une chose m’a frappé : c’est la convergence entre les programmes des Républicains de François-Xavier Bellamy et du Rassemblement national de Jordan Bardella. Les deux refusent toute nouvelle taxation pour financer le budget européen et les deux s’en prennent à Emmanuel Macron, accusé de vouloir créer un impôt européen.

Mais il y a entre eux deux différences : Les Républicains sont pour une Europe à plusieurs vitesses, pour que les pays qui le souhaitent puissent aller plus vite dans l’harmonisation fiscale. De son côté, le RN réclame une baisse de la contribution de la France au budget de l’UE. A ce sujet, j’ai trouvé pour le coup une proposition vraiment originale.

Elle nous vient de Jean-Christophe Lagarde, le chef de file de l’UDI, crédité de 2% à 3% aux européennes. Lui propose carrément de supprimer les contributions de tous les pays au budget de l’UE. Et de les remplacer par une taxe sur les transactions financières, une taxe carbone, deux taxes que l’on retrouve chez de nombreux candidats, et, c’est là que l’UDI se distingue, une taxe sur… les touristes étrangers. Voilà, il suffisait d’y penser, ça n’a aucune chance de voir le jour mais c’est ça aussi la magie du débat politique. 

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