Les vélos partagés sans borne d’attache ont débarqué il y a une quinzaine de mois dans les grandes villes. Mais ça ne marche pas… C’est même un vrai flop. Et quel flop ! Souvenez-vous de cette petite folie qui avait gagné Paris et les grandes villes françaises.

Par Jacques-Olivier Martin    

En quelques semaines, les trottoirs ont été envahis par les vélos verts de Gobee, les jaunes d’Ofo, ceux d’Obike ou encore de Mobike. Des milliers de vélos accessibles partout avec une application smartphone pour les réserver, les payer et les utiliser.

Pas d’infrastructures, donc des investissements limités. Cette déferlante devait sonner le glas de Vélib et de tous ces vélos accrochés à des bornes. 

Or, un an plus tard, le soufflé est retombé. Ofo, Gobee et Obike ont abandonné. Il ne reste plus que Mobike. Et encore, la société aux vélos gris et oranges, rachetée par un groupe chinois, ne cache pas son envie de vendre ses filiales européennes.

Pourquoi ces échecs à répétition ?

Quatre mois à peine après son arrivée, Gobee est le premier à jeter l’éponge. Explication : trop de vols et de dégradations de bicyclettes. Il faut avouer que les Français ont la palme du vandalisme. Une honte même : entre les détériorations et les vols, Decaux devait renouveler 30% de ses Vélib chaque année. Smovengo son successeur déplore déjà 6 000 vols de bicyclettes !

Ajoutons que les opérateurs n’ont pas réussi à trouver un modèle économique rentable et ont fait face une redoutable concurrence. 

A Paris, celle du nouveau Vélib qui progresse et regagne des clients. Et celle bien sûr des trottinettes et scooters électriques, qui pour certains sont des alternatives pas chères aux VTC.

Est-ce que le vélo partagé est définitivement condamné ?

Rien n’est très établi en matière de nouvelles mobilités. Tout peut changer très vite. On l’a vu avec les trottinettes électriques qui n’ont que quelques mois. On le verra peut-être avec l’arrivée à Paris de Jump. Cette société américaine, filiale de l’ogre américain Uber, a annoncé le déploiement rapide de centaines de vélos rouges qui seront tous électriques. 

Et la précision est de taille. Car pour beaucoup l’avenir passe par le vélo à batterie. Il peut être loué plus cher qu’une bicyclette classique tout en étant moins onéreux qu’un scooter. Autre atout : il peut concurrencer les trottinettes en vitesse et en longueur de trajets.

Ce n’est donc pas un hasard si Smovengo qui exploite le Vélib a annoncé qu’il comptait mettre les bouchées doubles, pour que dès cet été la moitié des vélos disponibles dans les stations soient des machines électriques, contre moins d’un quart aujourd’hui.

Vous l’avez compris : le vélo partagé n’a peut-être pas dit son dernier mot !

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.