Les cartes cadeaux sont de plus en plus souvent présentes au pied du sapin de Noël. Et leur modèle économique est bien plus malin qu’il en a l’air.

Le business des cartes cadeaux
Le business des cartes cadeaux © Maxppp / Jean-François Frey

Les cartes cadeaux, ce sont ces bons qui permettent de faire des achats différés dans les magasins, et c’est le cadeau de dernière minute par excellence. On y jette un oeil distrait quand on passe aux caisses, sans forcément mesurer que c’est le deuxième cadeau de Noël le plus offert après l’argent en cash. En France, ce marché pourrait atteindre en 2020 les 5 milliards d’euros. Et il connaît une forte progression, de 20% par an. 

Elle s’explique par la digitalisation des cartes, en raison du développement du e-commerce et de la moindre utilisation de l’argent liquide. Toutes les grandes enseignes proposent ce mode de paiement, mais les plus gros vendeurs de e-cartes sont la Fnac, Sephora, H&M et devant tout le monde Amazon, qui réalise par ce moyen plus de 5% de son chiffre d’affaires mondial.  

Pourquoi les enseignes en sont-elles si friandes ?

C’est qu’elles y gagnent largement. D’abord, ces cartes leur permettent de rendre les clients captifs : ils dépensent chez elles ce qu’ils auraient pu dépenser ailleurs. Qui plus est, ce sont de bons clients, puisqu’ils dépensent en moyenne 20% de plus que le montant offert ! Mais surtout, ces cartes, qui abondent les caisses des magasins au moment où elles sont achetées, ne sont pas toujours utilisées par les bénéficiaires. Loin de là ! En réalité, moins d’une carte sur deux est réellement utilisée. C’est autant de gagné pour les enseignes. 

Alors c’est vrai qu’avec les cartes digitales, une alerte peut être envoyée à l’approche de la date d’expiration pour éviter la perte irrémédiable du cadeau, et qu’on a parfois la possibilité de la prolonger... Une start-up, SleepingMoney, permet même de la revendre ! Les cartes cadeaux des enseignes s’inscrivent donc dans une logique assez mercantile. 

Est-ce qu’il ne vaut pas mieux opter pour le cash ou le virement ?

A chacun de trancher. Mais signalons tout de même qu’à la faveur du Covid, des opérateurs ont développé des cartes cadeaux solidaires assez intéressantes. C’est le cas de la plateforme Sauvetoncommerce, créée lors du premier confinement pour soutenir les commerces de proximité et qui rassemble désormais 10 000 magasins indépendants en France. Ils vendent actuellement des cartes cadeaux utilisables dans ce réseau. Et à la différence des autres intermédiaires, qui prélèvent environ 8% sur chaque carte vendue, Sauvetoncommerce ne touche rien au passage – leurs revenus proviennent d’autres activités. Cette initiative qui détourne un business model lucratif au profit d’une initiative solidaire mérite d’être saluée !

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