Le président de la République réunit, aujourd’hui, au château de Versailles, 140 chefs d’entreprises français et étrangers. Il l’avait déjà fait l’an dernier mais l’image risque de mal passer en pleine crise des Gilets jaunes.

Pour Emmanuel Macron, l’exercice est périlleux. Mais il tient à son idée d’inviter le gotha de la finance et de l’industrie, en route pour le sommet de Davos qui s’ouvre demain, à faire une escale par Paris. Le but est bien sûr de convaincre les PDG de la planète d’investir en France. L’an dernier, l’opération avait débouché sur 3,5 milliards d’euros d’investissements et plus de 10.000 créations d’emplois. Cette année, il faut aussi les rassurer sur la capacité du gouvernement à venir à bout de la crise sociale et des violences qui secouent le pays. Mais le risque est pour le chef de l’Etat de se prendre les pieds dans le tapis rouge déroulé aux entreprises. Et d’apparaître, une fois de plus, comme le président des riches aux yeux de la France des fins de mois difficiles. 

Comment l’exécutif compte éviter un tel risque ?   

Les éléments de langage ont commencé à être distillés. Il s’agit, selon l’Elysée, de mettre l’accent sur « la valorisation des territoires auprès des investisseurs étrangers ». En clair, d’encourager les entreprises à investir dans la cette France dite périphérique, qui est justement celle des Gilets jaunes. On devrait avoir quelques annonces sur ce thème à Versailles. Et le banc et l’arrière banc du gouvernement ont été mobilisés pour relayer les bonnes nouvelles.  Mais est-ce que ce sera suffisant ?  Sans doute pas. En pleine polémique sur les dividendes record versés aux actionnaires ou l’évasion fiscale pratiquée par les Gafa, difficile objectivement pour le chef de l’Etat de s’afficher aux cotés des PDG de la banque JP Morgan, d’Uber ou de Microsoft. Sans parler du décorum royal du Château de Versailles quand les gilets jaunes se voient plutôt comme des sans-culottes. J’ajoute que ce sommet de Versailles pourrait aussi faire grincer des dents du côté des syndicats et du Medef.  A la CFDT, Laurent Berger, et au Medef, Geoffroy Roux de Bézieux se plaignent d’être ignorés par Emmanuel Macron qui se méfierait des corps intermédiaires. Le président préfère le contact direct avec les Français, lors de ses tournées dans le pays, et, comme aujourd’hui, avec les grands patrons. Il est adepte du speed dating plutôt que des grands-messes sociales. De ce point de vue aussi, pas sûr que ce rendez-vous de Versailles contribue à détendre l’atmosphère.

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