C’est la troisième fois en 20 ans que la société Duralex se retrouve en redressement judiciaire. Elle emploie 248 personnes dans le Loiret. On devrait savoir demain si elle va être sauvée et par qui.

Bientôt un raprochement Duralex et Pyrex ?
Bientôt un raprochement Duralex et Pyrex ? © AFP / Martin BUREAU

Son avenir va se jouer devant le Tribunal de Commerce d’Orléans, en deux audiences, qui vont être très suivies localement. Car à La Chapelle-Saint-Mesmin, une ville de 10 000 habitants, Duralex a toujours été là.  

L’entreprise est née dans les années 20: une famille qui produisait du vinaigre a décidé de fabriquer sur place les bonbonnes de verre qui servaient à le commercialiser. En 1931, le parfumeur François Coty a acheté cette verrerie pour y fabriquer ses flacons de parfums. 

Après guerre, elle a été cédée à Saint-Gobain, pour faire de la vaisselle en verre trempé. Il crée la marque Duralex et, en 1954, les fameux verres Gigogne - ceux qui ont une forme ronde- et Picardie - les petits verres à facettes. 

Et ces verres on peut les acheter à la boutique du Musée d’art moderne de New York, le Moma…

Oui, ils sont rentrés dans le patrimoine du design. Et on comprend pourquoi. Dès qu’on voit ces verres de cantine, on replonge en enfance et on a envie de demander à son voisin: “et toi, tu as quel âge?” pour qu’il nous révèle le numéro au fond du verre, qui est en fait celui … du moule. 

Mais l’histoire ne s’arrête pas à Saint-Gobain. Dans les années 70, la verrerie est cédée à un groupe italien, puis au grossiste turc de Duralex, qui déposera le bilan en 2008. L’entreprise est alors reprise par les propriétaires actuels, les frères Ioannides. 

Duralex repart à fond. Fait des collaborations avec des designers. Arrive au Moma. Elle exporte plus de 80% de sa production en jouant sur le made in France. Le chiffre d’affaires est multiplié par deux. Tout va bien jusqu’en 2017. Il y a alors un problème industriel avec le nouveau four. La production s’arrête. Il faudra du temps et de l’argent pour la relancer. ça arrivera juste avant le Covid. 

Ce qui a entraîné de nouvelles difficultés et un nouveau dépôt de bilan… 

Le tribunal de commerce d'Orléans examinera les offres de reprise demain. Pyrex, la société de Châteauroux, est sur les rangs. Son offre est celle qui plait le plus aux salariés et aux élus.

Les actuels dirigeants de Duralex se sont aussi positionnés. Enfin un troisième acquéreur, la Compagnie française du verre, qui avait discuté avec les frères Ioannides avant le dépôt de bilan, et fait une offre sur Duralex en septembre, revendique un droit de priorité. Résultats des courses vendredi mais Pyrex, qui promet de garder tous les salariés, semble bien placé. 

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