Pour la French Tech, c’est Noël avant l’heure !

De plus en plus de levées de fonds pour les start-up françaises
De plus en plus de levées de fonds pour les start-up françaises © Getty / Caiaimage/Chris Ryan

Les levées de fonds auprès des investisseurs s’envolent : au rythme actuel, à la fin de l’année, les start-up tricolores auront engrangé cinq milliards d’euros, un record. On a beaucoup parlé de Doctolib, qui vient à lui seul de lever 150 millions d’euros, mais sept entreprises ont reçu plus de cinquante millions chacune. Autant dire que la France pourrait rapidement compter plus de quatre licornes, ces entreprises dont la valeur dépasse le milliard d’euros. Mais il y a du chemin pour rattraper le Royaume-Uni avec son cheptel de dix-sept licornes, et surtout la Chine qui en compte plus de quatre-vingts ou les Etats-Unis, plus de cent-cinquante !

On s’enflamme un peu trop pour la French tech ?

Il faut se réjouir que la France voit ses pépites se développer. Mais il y a peu de chances que parmi elles se cachent le prochain Google ou Facebook, même si Emmanuel Macron rêve de champions européens, il l’a encore dit la semaine dernière.

Et ce n’est pas qu’un problème de financement. Les start-up américaines et chinoises ont un avantage déterminant : la taille gigantesque de leur marché intérieur leur permet de croître très vite. Alors qu’en Europe, les jeunes pousses doivent surmonter les barrières des langues, des cultures, des différents marchés… Du coup, le meilleur moyen pour grossir quand on est une start-up en France, c’est souvent d’être rachetée. Dans un cas sur trois, elles sont absorbées par une entreprise américaine. 

Quelles conclusions faut-il en tirer ?

Que le soutien aux start-up ne suffit pas à faire une politique économique. Le premier investisseur dans les start-up en France, c’est BPI France, la banque publique d’investissement. On dépense beaucoup d’argent public pour des retombées économiques incertaines. L’économiste Patrick Artus le remarque, les nouvelles technologies pèsent 3 % de l’emploi total en France ou aux Etats-Unis. De l’emploi très qualifié. Pas de quoi fournir du travail à nos millions de chômeurs non qualifiés. 

Et qu’est-ce qu’on devrait faire ?

Mettre le paquet pour combler nos retards dans l’utilisation des nouvelles technologies par les entreprises, dans la robotisation ou la transmission des PME : un patron qui vieillit, c’est un dirigeant qui n’investit plus et c’est mauvais pour l’économie.

Il faut dégonfler le mythe du startuper qui a réussi : neuf start-up sur dix échouent. Il y a donc plus de perdants que de gagnants. 

Créer ou reprendre une entreprise qui n’attendra pas dix ans avant d’être rentable, ça peut être très bien aussi.

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