Doit-on redouter un retour de l’inflation ? Est-ce qu’on va payer plus cher son café, son resto, son coiffeur et certains produits importés de Chine ?

L'inflation va-t-elle revenir ?
L'inflation va-t-elle revenir ? © Getty / Yuichiro Chino

C’est ce que craint la presse italienne, car en sortie de confinement, dans certains bars, le prix du café au comptoir s’est envolé, coûts des contraintes sanitaires oblige. 

Les coiffeurs en France ont fait la même chose : 2 à 5 euros de plus en moyenne par client, selon Franck Provost, pour participer aux frais de masques et de gel hydroalcoolique, même si, rappelons-le, la Sécurité sociale en prend en charge une partie pour les petites entreprises. 

Par ailleurs pendant le confinement, nous nous sommes fait plaisir dans les seuls magasins ouverts : les commerces alimentaires. Le panier moyen a donc augmenté. Et certains produits comme les fruits et légumes étaient sensiblement plus chers. 

On voit aussi des rayons vides dans les magasins… 

Oui, les oeufs, la farine ou le papier toilette ont parfois manqué, ce qui leur a donné plus de valeur à nos yeux. Dans les rayons on voit aussi moins de références, dans l’alimentaire notamment. Hier je cherchais une poêle. Rayon vide dans la grande surface où je vais habituellement. Et dans la petite droguerie de quartier, c’est plus cher. 

Les plages horaires d’ouverture des magasins ont aussi été réduites, on n’avait plus l’habitude. Ces dernières années, c’était toujours plus !

Mais vous le voyez bien, nous sommes là dans l’anecdote. Les hausses plus structurelles (produits industriels plus chers parce qu’il faudra financer plus de stocks de matières premières ou de pièces à assembler, coûts de la construction plus élevés à cause des gestes barrières) ne se font pas encore sentir. 

Les chiffres d’inflation en tout cas restent bas. 

Effectivement. Car le cours du pétrole est bas. Dans l’habillement, les rabais dans les grandes enseignes sont massifs, même si certains commerçants indépendants aimeraient repousser le début des soldes à mi-juillet voire fin août pour ne pas brader leur saison. 

Au Canada, les prix ont baissé de 0,2% pour la première fois depuis 2009. Au Royaume-Uni, alors que l’inflation était repartie à cause du Brexit, elle galope moins, sauf sur les pelotes de laine. Dans la zone euro, on est à 0,3% de hausse des prix en avril, c’est peu. 

Quant aux salaires, il y aura peut-être des hausses ponctuelles : primes pour les métiers de la “première ligne”, revalorisation à l’hôpital, mais dans beaucoup d’entreprises industrielles, les capacités de production ne sont utilisées qu’à 50%, ce qui laisse plutôt présager de sacrifices financiers. Pas d’inflation salariale donc.

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