Elle se trouve au cœur de la Silicon Valley, et le magazine "Challenges" a pu exceptionnellement y pénétrer.

Illustrations de données personnelles...
Illustrations de données personnelles... © Getty / PM Images

C’est un immeuble en brique rouge, en plein centre de Palo Alto. On se croirait dans une vraie start-up californienne : smoothies betterave-carotte à volonté, geeks en jeans et t-shirts, cours de taï-chi pour les matinaux. L’ambiance est bon enfant chez "Palantir" qui tire son nom de la pierre de vision dans le Seigneur des anneaux. On rigole bien chez "Palantir", mais son business est très sérieux. La société a été fondée au lendemain des attentats du 11 septembre avec un objectif très simple : concevoir des algorithmes qui permettraient de fouiller dans des montagnes de données pour prévenir de nouvelles actions terroristes. Ses fondateurs forment un curieux attelage : entre Peter Thiel, homme d’affaires libertarien, cofondateur de Paypal, rallié à Donald Trump et le geek post-marxiste Alex Karp, diplômé en sociologie allemande. "Palantir" a été financée à ses débuts par la CIA qui est l’un de ses clients historiques. En France, l’Américain fournit la DGSI, le service de renseignement intérieur. 

"Palantir" ne veut plus simplement être vue comme les yeux et les oreilles des services de renseignement

Elle a commencé a décliné son logiciel pour des clients commerciaux qui s’en servent pour résoudre et anticiper des situations de crise. Ce marché tire désormais la croissance de "Palantir" qui pousse les feux en Europe. Sanofi ou Fiat Chrysler sont déjà clients. Et pour mener la croisade, elle a recruté Fabrice Brégier qui avait adopté le logiciel quand il était patron d’Airbus. Objectif : une introduction en bourse en 2020. L’entreprise est aujourd’hui valorisée plus de 40 milliards de dollars. 

Est-ce risqué de confier ses données à une entreprise liée aux services secrets américains ?  

Impossible d’être certains que les données collectées ne traversent pas l’Atlantique. Chez "Palantir" on balaye le soupçon. De toute façon il n’existe pas de concurrent européen. Les Américains estiment avoir cinq ans d’avance. Mais dans le petit monde du renseignement, l’inquiétude règne. Au ministère des Armées, pas question d’utiliser "Palantir". Les militaires encouragent une initiative française. Les meilleurs experts estiment qu’une alternative est possible d’ici deux à trois ans, à condition d’y mettre les moyens humains et financiers. Et beaucoup de bonne volonté.

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