On part à Wall Street pour l’histoire économique du jour. On a appris hier que la banque d’affaires américaine Goldman Sachs allait payer une amende colossale pour se dépêtrer d’un gros scandale.

Goldman Sachs va verser 3 milliards de dollars à la justice américaine pour éteindre les poursuites engagées contre elle. En 2012 puis 2013, Goldman Sachs avait aidé le fonds souverain de la Malaisie à emprunter plusieurs milliards de dollars sur les marchés financiers. Une somme qui devait aider au développement économique du pays. Jusque-là, rien de plus normal. 

Le problème, c’est que l’immense partie de cet argent destiné au peuple malaisien a fini dans les poches de notables locaux. Comme le premier ministre de l’époque, aujourd’hui en prison. L’argent a aussi fini sur les comptes bancaires d’un homme d’affaires local, qui s’en est servi pour financer le tournage du Loup de Wall Street, vous savez le film de Scorsese avec Di Caprio. Le même en a profité aussi pour se payer un gâteau d’anniversaire avec Britney Spears à l’intérieur. 

La question, c’est de savoir si Goldman Sachs savait que l’argent levé par le fonds souverain de la Malaisie était détourné. La banque jure que non. Mais comme elle a touché d’énormes honoraires sur ces opérations en Malaisie, la justice s’est interrogée... A ce prix-là, on peut être tenté de fermer les yeux...

Ce n'est pas la première fois que le nom de Goldman Sachs est associé à un scandale

Ah ça non. Depuis la grande crise financière de 2008, la plus puissante banque d’affaires au monde a cumulé les controverses : on l’a accusée d’avoir attisé la crise pour gagner encore plus d’argent, d’avoir misé contre ses propres clients, d’avoir nourri la crise des dettes souveraines en Europe… Au point de devenir le symbole d’une finance folle. 

Lors de sa campagne électorale de 2016, Donald Trump avait d’ailleurs nommément ciblé la banque. Il disait qu’elle volait “la classe laborieuse américaine” et que c’était une “structure de pouvoir mondial”. Excessif bien sûr, mais il n’en demeure pas moins vrai que quantité d’ex-salariés de Goldman trustent depuis toujours des postes clés dans les administrations américaines.

Au bout de quatre années de présidence Trump, Goldman Sachs reste quand même en pleine forme. L’amende malaisienne est énorme, la banque n’aura aucun mal à la digérer. La crise ? Quelle crise ? Car Goldman Sachs est un des grands gagnants du gigantesque programme d’aide de l’Etat américain. Et la banque a aussi tiré pleinement profit de la réforme fiscale de Trump en 2017. 

Ah au fait, j’allais oublier. Sa politique économique, Trump la mène avec son secrétaire au Trésor, un certain Steven Munchin. Un homme qui connaît bien Wall Street, il y a même longtemps travaillé. Et vous savez où ? Chez Goldman Sachs. 

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