Quatre ans après en être sorti, Alstom revient dans le CAC 40. Ses carnets de commandes sont pleins, son rapprochement avec Bombardier, bien avancé. Et le plan de relance post-Covid est plein de de bonnes nouvelles. C'est l'action Accor qui quitte l'indice phare de la Bourse de Paris.

Logo de l'entreprise française Alstom
Logo de l'entreprise française Alstom © Maxppp / ETIENNE LAURENT/EPA/Newscom

Il y a quelques mois, c’est Sodexo, le géant de la restauration collective, qui sortait de l'indice-phare de la Bourse de Paris. On en avait parlé. Aujourd’hui, c'est l'hôtelier Accor. La Covid 19 a laminé le secteur de l’hospitalité. 

Mais le plus intéressant dans ce changement, c’est la résurrection d’Alstom. En 2004, le groupe était tellement mal en point que l’Etat avait dû entrer au capital pour le sauver. 

Dix ans plus tard, bis repetita. Cette fois, la branche énergie (les fameuses turbines fabriquées à Belfort) avait été vendue à General Electric. C’est donc un Alstom recentré sur la mobilité par le rail, qui revient dans le CAC 40 : un “pure player”, comme on dit, qui fait des trains, des tramways, des métros et conçoit toute la signalisation qui leur permet de rouler. 

Il ne devait pas fusionner avec l’Allemand Siemens ? 

Il y a eu un projet en effet, dans lequel Alstom aurait été une filiale de Siemens. Mais en février 2019, la Commissaire européenne Margrethe Vestager a dit 'niet', car il n’y aurait plus assez de concurrence en Europe et les prix risquaient de monter pour les régions qui s’équipent en TER ou pour les sociétés de chemin de fer qui achètent des TGV.  

Alstom et Siemens ont donc repris leur route chacun de leur côté. Et Alstom s’en est bien sorti: en février, il a annoncé qu’il achetait la branche transport de Bombardier, son grand concurrent canadien. 

Alors toujours pour des raisons de concurrence, le groupe devra abandonner son usine alsacienne de Reichsfoffen. Un groupe espagnol et un tchèque sont sur les rangs pour la racheter, avec ses 780 salariés. Mais Alstom revient dans le CAC 40…

Il faut dire que le train est à la mode, beaucoup plus que l’avion ! 

Absolument, le train est un des grands gagnants du plan de relance. On veut plus de trains pour remplacer les voyages courts en avions, plus de fret ferroviaire, des trains à hydrogène aussi. Et ça, ça tombe bien : Alstom en fait déjà rouler un en Allemagne, avec une technologie développée à Tarbes. 

Les carnets de commandes sont donc pleins, c’est quatre années de travail assurées. Alstom embauche, avec 1000 postes ouverts. Après son mariage avec Bombardier, il sera le deuxième constructeur de matériel roulant au monde, derrière le chinois CRCC. 

Mais attention : Alstom doit rester vigilant. D’abord parce que les sociétés de transport ne sont pas en grande forme, Covid oblige, et surtout parce que l’an dernier, son concurrent chinois a raflé tous les appels d’offres internationaux. Y compris en Europe : en République tchèque, au Portugal, en Croatie. Même si les Etats demandent au gagnant de relocaliser la production chez eux, ce qui impose au géant chinois de se plier aux règles européennes, la concurrence est rude. 

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