La Commission européenne a donné hier son feu vert à l’utilisation du vaccin Pfizer-BioNTech... Mais où est donc Sanofi ?

Où est donc Sanofi et son vaccin ?
Où est donc Sanofi et son vaccin ? © AFP / Jean-Baptiste Premat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Loin. Très loin. C’était pourtant celui que nous, Français, nous attendions tous. Notre champion national, qui se prévaut sur son site web d’être le "leader mondial des vaccins contre la grippe, des vaccins pédiatriques..."

Sauf que cette fois, dans la folle course aux vaccins contre la Covid-19, ce sont deux petites sociétés de biotech qui sont passées en tête, après un an à peine de recherche : BioNTech alliée à Pfizer et Moderna. En face, Sanofi a annoncé un retard de plusieurs mois sur son propre programme. Son vaccin sera disponible, au mieux, au quatrième trimestre 2021.   

Pourquoi Sanofi n’est-il pas au rendez-vous ?

Et bien disons-le, Sanofi a raté le tournant des biotech. Le groupe a autrefois acheté l'américain Genzyme, mais depuis, pas grand-chose. Les biotech, ce sont les nouvelles technologies du vivant : les thérapies cellulaires, les thérapies géniques... Ce sont elles qui innovent aujourd’hui, et constituent l’avenir de la médecine. Voyant cela, les Big Pharma, qui étaient historiquement tournés vers la recherche de molécules chimiques, se sont alliés à des pépites de ces biotech, hyper agiles, pour rester dans la course. Or à ce jeu-là, Sanofi n'a pas été très performant. 

Mais à vrai dire, il est difficile de comprendre pourquoi diable c’est l'américain Pfizer, et pas Sanofi, qui a noué dès 2018 un partenariat avec l'allemand BioNTech ! Le génial fondateur de ce petit labo a mis, au service du vaccin, ses travaux sur l’ARN Messager, une technologie révolutionnaire jamais utilisée dans le domaine des vaccins auparavant, et qui fait aujourd’hui la différence. 

Sanofi n’a pas misé sur l’ARN Messager ?

Pour être juste, Sanofi a aussi un petit partenaire américain qui travaille sur l’ARN Messager, mais celui-ci est moins avancé que ses concurrents : leurs essais cliniques sur l’humain ne débuteront qu’au début de l’année prochaine. Ce retard s’explique par le fait que, contrairement à Pfizer, le groupe français n’a pas tout misé sur cette nouvelle technologie. C’est un peu le "syndrome du Minitel". Comme France Télécom, qui a été si lent à prendre le virage internet, Sanofi semble avoir souffert de la maladie du champion. Il a parié sur “l’efficacité et la sûreté” d'une technologie qui avait fait déjà ses preuves. Et cela n’a pas payé. A ce jour, les essais cliniques de son vaccin anti-Covid ne sont pas concluants sur les plus de 50 ans, les plus exposés aux formes graves de maladie. 

Les Français manquent parfois de modestie. A défaut de vaccin, nous avons droit à une petite piqûre de rappel.

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