« Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité? Faut-il supprimer certains services publics? ». C’est vrai que le sujet de dissertation ne laisse pas beaucoup de place à l’imagination.

Les Français ont deux mois pour plancher. Bon élève, France Stratégie a déjà la réponse. L’organisme de prospective rattaché à Matignon a comparé dans une note les dépenses publiques de la France avec ses voisins européens. Et il pointe celles qui pourraient être diminuées pour atteindre un objectif de baisse de trois points de PIB.  

Quels sont les domaines où la France dépense plus ?

Sans surprise, ce sont les dépenses sociales qui expliquent l’essentiel de la différence : les dépenses publiques pour les retraites représentent presque 14 points de PIB en France, c’est trois points de plus que la moyenne européenne.  Mais il faut tout de suite préciser que ça s’explique surtout par le fait qu’en France nous avons fait le choix d’un système de retraite public par répartition, quand beaucoup de pays font la part belle à des régimes de retraites privés : en Suède ou au Royaume-Uni, une partie importante des pensions ne comptent pas comme des dépenses publiques. Dans la santé aussi, le poids du public est plus important en France. Conclusion: on nous rabâche que la dépense publique représente 56 % du PIB en France, un record en Europe – en fait ce chiffre ne veut rien dire. Les situations ne sont pas comparables.   

Cette préférence française pour le public suffit-elle à expliquer pourquoi on dépense plus ?   

C’est vrai que le modèle social français est plutôt plus généreux qu’ailleurs. La contrepartie, c’est que la France compte moins de pauvres dans sa population, notamment chez les seniors, que la moyenne européenne. France Stratégie le reconnaît: difficile de baisser vraiment les dépenses publiques sans s’attaquer à ces dépenses sociales. Cette question, l’économiste Michel Husson l’a bien résumée: «  de combien faut-il élever le taux de pauvreté pour nous aligner sur nos voisins? »  

Peut-on envisager de réduire d’autres dépenses?  

Même s’il n’y a pas vraiment de gras, on pourrait imaginer d’autres pistes d’économie, par exemple sur le budget de la défense ou sur les aides aux entreprises, où là aussi la France dépense vraiment plus que ses voisins. Mais visiblement, ce sont des sujets tabous pour l’exécutif, plus que le modèle social puisqu’il a décidé de ne plus revaloriser les pensions de retraites en fonction de l’inflation et qu’il veut réaliser des économies sur l’assurance chômage.

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