Une nouvelle action fait son entrée au CAC 40: il s’agit de Teleperformance. C'est Sodexo qui sort. Le service client à distance remplace la restauration d'entreprise, après le Covid. Tout un symbole.

En effet, car elle remplace Sodexo dans l’indice-phare de la Bourse de Paris. Le service client à distance, en centre d’appels ou en télétravail, prend donc la place de la restauration d’entreprise, comme un signe de ce que sera l’économie post-pandémie. 

Mais cette entrée au CAC 40 vous surprend peut-être car Teleperformance n’est pas un nom très connu du grand public. La société vaut pourtant 12 milliards et demi d'euros en Bourse. Elle emploie 330 000 personnes dans le monde et fait plus de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. 

Teleperformance gère le service clients de la moitié des grandes entreprises mondiales, notamment les géants de la tech, mais aussi des numéros verts comme le numéro d’information sur le Covid 19, sans que nous le sachions. Ce n’est jamais mentionné. 

330 000 personnes c’est énorme, c’est donc un gros employeur en France ? 

Pas du tout, en fait. Daniel Julien, son patron, a 67 ans. Il a fondé l’entreprise de télémarketing à Paris en 1978. Mais il l’a surtout développée à l’international, aux Etats-Unis notamment. Aujourd’hui la France ne pèse que 3 à 4% de son chiffre d’affaires et moins de 1% des effectifs. 

Ceux-ci ont fondu en dix ans, divisés par trois. Il reste moins de 2500 personnes hors intérimaires. La plupart des appels que nous passons ou que nous recevons de Teleperformance sont donc traités en Tunisie ou au Maroc. 

Daniel Julien explique que la crise de 2008 a accéléré les délocalisations de services. Vers le Maghreb, pour les appels en Français, vers les Philippines, pour l’anglais... Pour lui il ne faut pas écouter les discours politiques qui promettent des relocalisations après le Covid, car les consommateurs ne sont pas prêts à en payer le prix. Il le dit cash.

Et lui où sera-t-il ce matin, pour suivre l’entrée de sa société au CAC 40 ? 

La plupart du temps il vit aux Etats-Unis mais aujourd'hui il est en Grèce, où le groupe a un gros centre multilingue. Même s’il est fier de devenir un patron du CAC 40, il n’a pas l’intention de passer plus de temps en France.

Il va pourtant être beaucoup plus sous les feux de la rampe. Il devient un des patrons les mieux payés de l'indice: 12 millions d’euros en 2019, en contraste total avec les salariés de ses centres d’appel, qui ont d’ailleurs demandé une médiation à l’OCDE. 

Un rapport d’Oxfam, rendu public aujourd’hui, préconise de resserrer l’échelle des salaires dans les multinationales. Ce n’est pas un sujet d’actualité chez Teleperformance, même si le groupe vient de retrouver le niveau de croissance qu’il avait avant le Covid. 

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