Les prix du diesel et du sans plomb sont plus haut depuis très longtemps et naturellement ça gronde du côté des automobilistes. Ce n’est pas très surprenant. Ce qui l’est plus, c’est l’ampleur de cette protestation.

Les prix du diesel et du sans plomb sont au plus haut
Les prix du diesel et du sans plomb sont au plus haut © AFP / Philippe Huguen

Si vous jetez un coup d’œil sur Internet, vous découvrirez, par exemple, la pétition d’une jeune conductrice totalement anonyme de Savigny-le-Temple, en Seine-et-Marne. Ce week-end, sa pétition a dépassé les 12 000 signatures. Idem pour Sophie, une employée elle-aussi inconnue d’un service d’aide à la personne. Sa pétition en ligne en est déjà à plus de 27 000 signataires. 

Est-ce suffisant pour dire qu’il y a une vraie mobilisation ?

Qu’il y ait un mouvement profond de protestation dans le pays, notamment dans les milieux populaires, contre la hausse des prix des carburants, c’est certain. Autre indice de ce mouvement de fond, l’opération « coût de pompe » lancée il y a un mois par « 40 millions d’automobilistes », qui propose aux conducteurs d’envoyer leurs factures d’essence à l’Elysée. Et bien, le courrier à adresser à Emmanuel Macron a déjà été téléchargé sur leur site plus de 700 000 fois. De l’aveu même de l’association, ils n’en espéraient pas tant.   

Ce n’est pas la première fois que les prix à la pompe grimpent et que les automobilistes expriment leur colère. En quoi est-ce différent cette fois ? 

Je crois que le gouvernement devrait prendre garde à cette colère populaire pour au moins trois raisons. 

D’abord, les automobilistes lui disent une chose simple : si vous voulez aligner les prix du gazole sur ceux de l’essence, vous n’avez qu’à baisser les taxes sur le sans plomb. En faisant ce rattrapage de l’essence sur le gazole par le haut, l’exécutif est suspecté de vouloir remplir ses caisses.

Ensuite, cette hausse programmée de plusieurs centimes par an sur les carburants jusqu’en 2022 intervient dans un contexte évident de ras-le-bol fiscal. Avec la hausse de la CSG, les Français, et notamment les retraités, ont, à tort ou à raison, le sentiment que l’exécutif s’attaque à leur pouvoir d’achat.

Enfin, augmenter l’essence ou le tabac d’un côté et supprimer l’ISF de l’autre et vous vous exposer une nouvelle fois à l’accusation de favoriser les riches. Cette accusation est peut-être injuste mais pour Emmanuel Macron, encalminé dans les sondages, il y a là un vrai risque politique.

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