C’est toujours le brouillard le plus complet pour ce qui est du Brexit. Alors la France prépare l’hypothèse la plus extrême : celle d’une sortie sans accord. Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a réuni hier les douanes et les préfets.

Cheval (Photo d'illustration)
Cheval (Photo d'illustration) © Getty / Carlos Alvarez

Le nombre de détails auxquels il faut penser d’ici au 31 octobre est assez stupéfiant. C’est le boulot du ministre du budget, car il est en charge des douanes et de collecter la TVA. 

Gérald Darmanin est donc dans le Brexit jusqu’au cou. Il réunissait hier les préfets des Hauts-de-France, de Bretagne, de Normandie, des Pays-de-Loire, avec la directrice des douanes pour faire un point sur l’état des préparations. 

Des tests grandeur nature sont menés depuis quelques semaines à Ouistreham, Calais, Dunkerque, Saint-Malo, Cherbourg. 

Est-ce que ces tests ont permis de détecter des problèmes inattendus ? 

Le préfet des Hauts-de-France a tout de suite évoqué le passage des animaux domestiques et, plus inattendu, celui… des chevaux. Tous devront faire l’objet d’un contrôle vétérinaire pour entrer dans l’Union. 

Et  cela prend du temps. Les chiens et chats arrivent en général avec leur maîtres en voiture dans le Shuttle d’Eurotunnel, c’est leur moyen de transport favori : on en compte 70 par rotation. 

Pour les chevaux, un détail complique tout : ils voyagent tous… le lundi

Sans doute au retour des concours hippiques ou des ventes. Pour éviter les embouteillages, il faut donc prévoir suffisamment de boxes : il y en a treize aujourd’hui, pas sûr que cela suffise. Il faut entre une heure et une heure et demie pour inspecter un cheval. 

Donc en cas de Brexit sans accord, il est préférable de ne pas voyager le lundi avec son cheval… 

Avec ou sans cheval, vous pouvez d’ores et déjà vous armer de patience

Les tests côté français ont montré une procédure bien rodée, mais côté britannique, ce n’est pas la même histoire. Ceux de janvier ont été un échec et n’ont pas été renouvelés depuis.

Il y a plusieurs problèmes. Dans le Kent par exemple pour contrôler les camions sans encombrer l’autoroute, un aérodrome désaffecté a été aménagé. Mais son accès est un vrai goulot d’étranglement.

Or si 80% des camions qui passent n’ont pas rempli les formalités douanières, les parkings seront saturés au port de Calais en moins d’une heure, et il faudra ensuite 27 heures pour les désengorger. A l’arrivée de l’Eurostar, la saturation prendrait une heure dix... Ce serait plus un peu plus fluide à Dunkerque. 

Alors petit message pour la Chambre de Commerce de Saint-Malo qui n’a pas encore fini le marquage au sol pour orienter les camions à l’arrivée au port : dépêchez-vous ! Gérald Darmanin est prêt à venir vérifier ce week-end !

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