Et ce n’est pas une surprise ! Le spécialiste américain du prêt à porter est fort mal en point depuis déjà quelques années.

En janvier dernier, GAP avait dû sacrifier son magasin des Champs-Elysées. Cette fois, ce sont les 21 boutiques encore ouvertes en France qui sont menacées, tout comme les magasins italiens, britanniques et irlandais. Gap a expliqué que tous ces points de vente pourraient fermer au milieu de l’année prochaine.

Elles sont loin les années 1990, quand GAP était au top de la mode et un des symboles d’une Amérique  aussi conquérante que branchée. La marque n’arrive plus à rivaliser avec Zara, Uniqlo voire H&M, qui sentent désormais bien mieux les tendances d’aujourd’hui et demain. Et puis, Gap n’a pas réussi non plus à prendre le virage du numérique, là où se vend désormais presque un vêtement sur quatre. Ca fait d’autant plus mal que la crise sanitaire a accéléré ce basculement, en laminant les ventes en magasins au profit du e commerce.

Gap n’est pas la seule marque de prêt à porter à connaître de grosses difficultés

A part quelques exceptions comme Zara, Uniqlo ou des spécialistes du commerce en ligne, c’est la berezina. Camaïeu, La Halle, André, Orchestra, Celio, Naf Naf : toutes ces entreprises ont fini ces derniers mois au tribunal de commerce pour apurer leur passif.

Et la crise sanitaire n’a été qu’un accélérateur. Car en France, comme dans beaucoup d’autres pays développés, on dépense beaucoup moins d’argent pour s’habiller que par le passé. Les vêtements c'est aujourd'hui 3% des dépenses totales des ménages, contre 5% voilà vingt ans. Résultat, le marché a ainsi chuté de 20% en valeur en dix ans. La situation est d’autant plus compliquée pour les grandes chaînes de prêt à porter qu’il est désormais devenu du dernier chic d’acheter des vêtements de seconde main via des sites comme Vinted. Voilà qui pourra réjouir ceux qui aiment à rappeler que l’industrie de la mode, c’est 10% des émissions totales de gaz à effet de serre. Le problème, c’est que le commerce de vêtements et de chaussures en France, c’est 200 000 emplois. Dilemme éternel.  

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