Pendant trois jours, la CFDT sera présente dans 500 points contacts en France pour une grande opération qu’elle appelle “Réponses à emporter”. Sa réponse à la journée d’action de la CGT du 17 septembre et surtout aux interrogations des salariés et indépendants en cette rentrée périlleuse sur le plan social.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT
Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT © AFP / Anne-Christine POUJOULAT

On peut le lire comme ça. C’est surtout une autre manière de dire aux salariés, aux apprentis, aux indépendants aussi: nous sommes là pour vous épauler en cette rentrée dangereuse sur le plan économique et social. 

Une manière de dire aussi de dire aux employeurs : 'Nous ne faisons pas grève, nous privilégions le dialogue, mais vous aussi, engagez-vous dans cette voie pour trouver des compromis équilibrés'. 

Ce qui est intéressant dans cette mobilisation, c’est le mode d’action du syndicat piloté par Laurent Berger. Il y a des pique-niques, des cafés juridiques, des rencontres after-work, des boutiques… Et une nouveauté, l’”adhésion découverte”: on peut pendant deux mois “tester” les services du syndicat, sans engagement et sans cotisation, avant de confirmer son choix… ou pas. 

Il se met la pression, Laurent Berger ? 

Oui et il l’assume. Les équipes de la CFDT devront convaincre que le collectif est utile. Ce qui n'est pas toujours évident. Car en France, les salariés n’ont pas besoin d’adhérer à un syndicat pour bénéficier de la mutuelle d’entreprise, de l’assurance-chômage, de l’accord de branche, comme c’est le cas en Belgique ou dans certains pays scandinaves. 

Donc il faut inventer une autre forme de “syndicalisme de service”.  Ce que la CFDT essaie de faire, en multipliant les enquêtes de terrain, les consultations pour bien comprendre les évolutions du travail, en renseignant les salariés sur les droits ou en créant un syndicat Union pour les travailleurs indépendants et free lance.  

Et bien sûr, ses 625 000 adhérents nourrissent ses positions face au gouvernement et aux organisations patronales, dans la réforme des retraites, de l’assurance-chômage, dans la discussion sur le télétravail ou la formation professionnelle.  

La CFDT espère aussi gagner du terrain… 

Evidemment. A la fin de l’année dernière, elle enregistrait une bonne dynamique d’adhésions, un élan brisé par le confinement, même s’il y a eu des inscriptions en ligne. Il faut donc relancer la machine. Pas seulement pour rattraper la CGT et ses 640 000 cartes. 

La CFDT croit à la co-détermination dans l’entreprise, elle veut que les salariés ou leurs représentants participent aux décisions. Lorsqu’une société reçoit une aide publique, elle plaide pour que le CSE, le comité d’entreprise, puisse donner son avis sur son utilisation. 

Elle milite surtout  pour renforcer la présence des salariés dans les conseils d’administration

Pour cela, il faut des militants. Des militants et des militantes, devrais-je préciser, au nom de la parité dans ces conseils.