L’objectif est d’éviter les prises de contrôle d’entreprises européennes stratégiques par des acteurs étrangers. Et c’est surtout l’appétit de l’Empire du Milieu qui inquiète...

Volvo, Pirelli, le Club Med, on pourrait multiplier les exemples de fleurons européens passés sous pavillon chinois ces dernières années. Mais connaissez-vous Kuka ? C’est une pépite allemande de la robotique industrielle. Son rachat en 2016 par le chinois Midea avait créé un véritable psychodrame Outre Rhin. 

Le phénomène est-il vraiment inquiétant ? 

C’est ce qu’a cherché à évaluer la Commission européenne, qui a commandé un rapport sur la question. Résultat : moins de 3 % des entreprises non cotées du Vieux continent appartiennent à des propriétaires non européens. Mais ces entreprises sont beaucoup plus grandes que la moyenne puisqu’elles représentent plus du tiers des actifs de l’ensemble des entreprises et elles emploient 16 millions d’Européens.  29 % des entreprises européennes sous contrôle étranger sont possédées par des firmes américaines ou canadiennes. Cette domination nord-américaine recule cependant : le chiffre atteignait 42 % dix ans plus tôt.  

Presque 10% des entreprises sous contrôle étranger appartiennent à des groupes chinois, elles étaient moins de 3 % il y a dix ans. La progression est impressionnante, mais au fond c’est un rééquilibrage qui reflète le poids de l’économie chinoise dans le monde. Ce qui est plus inquiétant, c’est le fait que plus d’une entreprise chinoise sur deux qui fait des acquisitions en Europe est une entreprise publique. Ce qui démontre la volonté de Pékin de mettre la main sur des technologies clés pour rattraper les pays occidentaux. Ce n’est pas une concurrence très loyale. 

Le dispositif mis en place par l’Union Européenne va-t-il changer la donne ?  

Il est trop tôt pour le dire: les États membres ont jusqu’en 2020 pour le mettre en application. Et c’est d’abord un mécanisme de partage d’informations entre pays européens, qui devrait leur permettre de mieux se coordonner. Jusqu’ici, ils avançaient en ordre dispersé: seuls 14 États membres disposent d’un mécanisme de contrôle des investissements étrangers. La France a renforcé le sien dans la loi Pacte qui vient d’être votée. C’est donc un petit pas, mais qui montre que l’Europe qui est la région du monde la plus ouverte aux investissements étrangers devient enfin un peu moins naïve.

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.