Dans cette crise, le Danemark est un pays exemplaire sur le plan économique. Le plus performant des champions de l’Etat providence. Citoyens et entreprises protégés et solidaires, lutte contre les paradis fiscaux, impôts élevés mais budget excédentaire et peu de dette avant crise.

Mette Frederiksen, Première ministre du Danemark
Mette Frederiksen, Première ministre du Danemark © AFP / Philip Davali / Ritzau Scanpix / Ritzau Scanpix via AFP

Beaucoup de Français en rêveraient, nous qui sommes exaspérés par les paradis fiscaux. Le gouvernement danois, qui est piloté par une femme, la sociale démocrate Mette Frederiksen, a décidé cette semaine de prolonger jusqu’en juillet les aides aux entreprises pour faire face au Covid. 

Mais à trois conditions : l’entreprise ne doit pas verser de dividendes ou racheter ses propres actions pendant deux ans et surtout elle ne doit pas faire remonter d’argent dans un paradis fiscal. En gros, l’argent payé par le contribuable danois doit revenir dans l’économie danoise, de proximité. 

A Copenhague, les héros du Covid ce ne sont pas les personnels soignants, comme en France, mais les coiffeurs… 

Le système hospitalier danois n’a pas eu à faire face au même engorgement que le nôtre, les Ehpad y sont exemplaires - 80% de repas bio, pas de manque de personnel -, la situation a donc semblé moins exceptionnelle sur ce front là qu’en France. Ce sont finalement les commerçants fermés qui apparaissent comme les plus frappés par cette crise. 

C’est tellement vrai que le directeur de la santé danois, Søren Brostrøm, l’homologue du professeur Salomon que nous voyons à la télévision tous les soirs, leur a rendu hommage. Il s’est coupé les cheveux chez lui et a envoyé à son coiffeur le prix de la coupe, par solidarité. 

Les restaurateurs, eux, remercient publiquement l’Etat de les aider : c’est ce qu’a fait René Redzepi, le chef du fameux restaurant Noma, deux étoiles Michelin : “Au Danemark on est protégé comme à la garderie, a-t-il déclaré. C’est une crise version de luxe”

Bien sûr, tout cela a un coût. Les Danois sont avec les Français ceux qui paient le plus d’impôts en Europe. Avec une grosse différence : l’an dernier, le budget de l’Etat danois était excédentaire et la dette atteint à peine 33% du PIB, trois fois moins que la dette française.  

Les aides aux entreprises, quelles formes prennent-elles ? 

Le gouvernement prend à sa charge le loyer, les frais d’électricité, d’assurance et de téléphone des entreprises à qui il impose la fermeture. Il prend aussi en charge 75% des salaires. 

Les employeurs paient les 25% qui restent et les salariés ont donné cinq jours de congés pendant le confinement (1). 

Une belle réaction collective en somme. 

 (1) article modifié le 23 avril à 21 heures

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