Plongée dans les cuisines pas toujours reluisantes du monde de la finance. Avec une histoire de traders qui ont tenté de faire sauter la banque.

Banque d'Angleterre
Banque d'Angleterre © AFP / David Cliff / NurPhoto

Pas n’importe quelle banque : la Banque d’Angleterre, qui est le pendant britannique de notre Banque centrale européenne. La Banque d’Angleterre, c’est l’institution qui contrôle la livre sterling, qui rend le crédit plus ou moins cher, bref, qui guide l’économie dans un sens ou un autre. Un mot de la Banque de l’Angleterre et les marchés financiers peuvent s’envoler ou à l’inverse s’effondrer.

Alors imaginez ce que pourraient faire des traders s’il savaient à l’avance ce que va annoncer la Banque d’Angleterre. Ils pourraient gagner beaucoup, beaucoup d’argent. 

Et c’est ce qui semble s’être passé ces derniers mois...

L’enquête britannique débute seulement et les éléments sont encore parcellaires. Mais ce que l’on sait, c’est que des traders de grandes banques comme HSBC ou JPMorgan ont réussi à pirater les annonces de la Banque d’Angleterre. Vous allez voir, ils sont malins. 

Depuis plusieurs années, ces conférences sont retransmises en vidéo sur Internet, histoire que les traders puissent les suivre depuis leurs salles de marché. Par sécurité, la Banque d’Angleterre prévoit aussi une version sans les images, avec juste le son, en cas de pépin  technique. C’est justement à ce flux audio de secours que les traders ont réussi à avoir accès, en payant un sous-traitant de la Banque d’Angleterre. Comme les fichiers audio sont moins lourds que les fichiers vidéos, ça va plus vite : voilà comment ces traders connaissaient les propos du gouverneur de la Banque d’Angleterre cinq à huit secondes avant leurs concurrents.

Cinq à huit secondes d’avance ? C’est dérisoire comme avantage !

Pas du tout, dans la finance, c’est un avantage considérable. Aujourd’hui, plus des trois quarts des transactions sont faites par des machines qui réagissent automatiquement à certains mots. Et leur vitesse d’exécution se compte en nanoseconde, un milliardième de seconde ! Alors imaginez tout ce qu’on peut faire en cinq à huit secondes. Des traders qui trichent, c’est finalement assez courant… La crise financière de 2008 a drainé quantité de scandales. Comme ces gangs de traders qui se mettaient d’accord pour manipuler le marché interbancaire ou celui des changes. Face à cela, les banques ont considérablement renforcé la surveillance de leurs traders : leurs conversations téléphoniques sont enregistrées, ils n’ont plus le droit d’avoir leur téléphone mobile personnel à leur poste, leurs emails sont relus… Mais ce nouveau scandale nous montre que cela ne suffit pas. Dès qu’il est question d’argent, l’imagination des traders est sans limite.

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