Il y a quatre ans jour pour jour, une majorité de Britanniques votaient pour le Brexit. Les négociations sur le départ de l’Union européenne sont toujours en cours. Quand cela se terminera-t-il ?

Sur le plan politique, le Brexit est fait. Les Anglais ont bel et bien quitté les institutions européennes le 1er février. Ils n’ont plus de députés au Parlement européen. Leur Premier ministre Boris Johnson ne siège plus au Conseil européen. Les fonctionnaires britanniques à la Commission sont restés mais elle n’en recrute plus de nouveaux. 

Mais il reste encore un problème à régler : la sortie économique du Royaume-Uni. Le Brexit ennuyeux donc, celui qui peut déstabiliser les échanges économiques et remettre en question la croissance. 

Et sur ce plan-là, on est loin d’une solution ? 

Oui et non. On en est loin, car il n’y a aucun accord en vue sur la manière dont l’Europe et le Royaume-Uni vont organiser leurs futures relations commerciales et réglementaires régissant la circulation des biens. Néanmoins on se rapproche de la fin des discussions, avec ou sans accord, puisque Boris Johnson a catégoriquement refusé toute prolongation de la période de transition au-delà du au 31 décembre. 

On saura donc d’ici la fin du mois d’octobre s’il y a un accord ou pas. Au-delà il ne serait plus possible pour les Parlements de le ratifier. Un accord dans lequel le Royaume-Uni s’engage à respecter les normes réglementaires de l’Union européenne, permettrait d’éviter des droits de douane. 

Il faciliterait évidemment les échanges et limiterait l’impact du Brexit économique sur nos deux économies. 

Et alors on peut y arriver ? 

Il y a quelques semaines, l’hebdomadaire The Economist avait le sentiment que Boris Johnson était prêt à prendre le risque de ne pas avoir d’accord. Son pari était simple: l’impact du Covid sur l’économie est tel, que l’effet récessif supplémentaire du Brexit passerait inaperçu. 

Il semble qu’il se soit ravisé. Vous avez peut-être vu  les prévisions de l’OCDE il y a quinze jours:  le Royaume-Uni est le pays le moins bien parti économiquement, plus mal en point que la France et l’Italie. Londres se passerait donc quand même bien du choc du Brexit sur ses entreprises.

Les discussions vont s’intensifier en juillet. Bizarrement on va encore beaucoup parler d’un secteur qui ne représente même pas 0,5% de nos économies: la pêche. Et là les positions sont encore bien figées. Les Britanniques veulent interdire leurs eaux territoriales aux pêcheurs européens, mais l’Europe refusera alors d’importer la pêche anglaise ou écossaise comme avant. Or c’est  70% des exportations. L’Europe pourrait faire un geste en lâchant du lest sur les quotas de pêche. Mais on n’en est pas encore là, tant la pêche est devenu le symbole d’une négociation où personne ne veut céder. 

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