La start-up américaine WeWork, licorne spécialiste du coworking, en français, les bureaux partagés. Elle gère dix-huit immeubles rien qu’à Paris, cinq cent dans le monde… et pourtant rien ne va plus !

Un bureau WeWork à San Francisco
Un bureau WeWork à San Francisco © AFP / JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Une licorne, c’est une start-up qui vaut plus d’un milliard d'euros. 

WeWork, créée en 2010,  était en réalité une décacorne, une licorne à plusieurs milliards, puisqu’au faîte de sa gloire cet été, les financiers estimaient sa valeur à 42 milliards. 

Déjà à ce moment-là, quelque chose ne tournait pas rond. Son fondateur a inventé un concept génial, de bureaux super sympas, avec du café à tous les étages, un mobilier branché, loués à la fois à des start-up et des grands groupes. Mais WeWork n’est propriétaire d'aucun mètre carré. Zéro. Rien. 

Certains investisseurs étaient donc prêts à payer 40 milliards pour un concept et des baux de location, alors que la société Unibail-Rodamco, qui possède 92 centres commerciaux, le CNIT à la Défense et la Tour Triangle, valait en Bourse deux fois moins cher. Cherchez l’erreur. 

La bulle de WeWork s’est dégonflée plutôt brutalement

WeWork devait en effet entrer en Bourse à l’automne. Or, tant qu’une entreprise n’est pas cotée, elle n’est pas obligée de montrer le détail de ses comptes. Lorsqu’elle veut faire appel à notre épargne, à nous particuliers, en allant en Bourse, elle doit en revanche tout dire. 

Lorsque WeWork a ouvert ses livres, il est apparu que ses contrats étaient plutôt mal ficelés et qu’elle avait perdu l’an dernier 1 milliard 7 millions d’euros. 

De 42 milliards sa valeur a dégringolé à 7 milliards d’euros

Et encore. Elle ne tient à ce niveau que parce que Masayoshi Son, un richissime investisseur japonais, patron de Softbank, qui avait déjà investi au plus haut dans WeWork, a remis au pot pour la sauver.  

Au passage, WeWork s’est séparé de son fondateur, le très charismatique Adam Neumann, 40 ans, par ailleurs inventeur du talon rétractable, a été remercié. Mais pas n’importe comment. Softbank lui a fait un chèque d’un milliard cinq pour lui racheter ses actions et rembourser ses dettes. 

Les banques américaines les plus prestigieuses ont toutes accompagné cette folie, comme elles l’avaient fait pour les subprimes qui ont déclenché la dernière crise. Dans les grandes villes, les loyers de bureaux s’envolaient parce que WeWork louait tout. Le soufflé va retomber. Avec quelles conséquences ? Demain c’est le quatre-vingt-dixième anniversaire du krach boursier de 1929 et ce genre d’histoire, ça rend tout le monde nerveux…  

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