Au cours des trois dernières années (2016, 2017, 2018), on a ouvert plus d’usines en France que l’on en a fermé. Mais depuis le début de l’année, c’est fini. La tendance s’est de nouveau inversée.

Manifestation contre la fermeture de l'usine Whirlpool d'Amiens en 2017
Manifestation contre la fermeture de l'usine Whirlpool d'Amiens en 2017 © AFP / FRANCOIS NASCIMBENI

Sur les 7 premiers mois de l’année, 76 sites ont fermé et 58 ont ouvert

Ce sont les chiffres du cabinet d'études Trendeo. En France, la part de l’industrie dans l’économie, les usines donc, stagne à 10%-12% du PIB. 

Les entreprises françaises ont préféré ouvrir leurs usines ailleurs. Elles ont plus de filiales à l’étranger – et donc plus de remontées de dividendes- que les entreprises allemandes ou italiennes par exemple.

Cela horripile Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances. On s’est félicité pendant des années que Renault ou Peugeot ouvrent des usines à Tanger. Lui voudrait maintenant inaugurer des sites en France et reconquérir économiquement ces territoires dont les Gilets jaunes ont montré tout le désarroi, ce qui n'a rien d'évident.

C’est pour cela que l’on va beaucoup en entendre parler cet automne. Emmanuel Macron a lancé en avril l’idée d’une grande concertation appelée le Pacte productif 2025. Elle a démarré en juillet et doit aboutir le 15 octobre. 

Pourquoi 2025 ? Parce que c’est l’année où le président de la République a promis le plein emploi. 

Le gouvernement a aussi ressuscité un organisme un peu endormi : le Conseil national de l’industrie, qui rassemble l’administration, les industriels et les représentants des salariés. Il se réunit aujourd’hui, avec à l’ordre du jour, le “mur bureaucratique”.

Et c’est quoi ce mur bureaucratique ?  

On entend parfois parler d’un projet arrêté pour cause de découvertes archéologiques par exemple, sans trop s’indigner parce qu’on n’a pas forcément envie d’une zone industrielle de plus… Mais comment construire de nouvelles usines si personne n’en veut ? 

Un rapport sur le sujet a été confié à un député LREM, Guillaume Kasbarian (Eure-et-Loir). Il a entendu 70 chefs d’entreprise, mais aussi l'administration. Il met sur la table une proposition : mettre à disposition des “sites industriels clés en main”, déjà apurés des recours possibles, en profitant des anciennes surfaces industrielles par exemple. 

Pas sûr ce que ce soit suffisant pour relancer les inaugurations. Car les nouveaux sites doivent aussi commencer à tenir compte de l’objectif zéro émission de carbone à l’horizon 2050 qu’Emmanuel Macron défend à l’ONU. 

Pour l’atteindre, il faudra des sauts technologiques et des investissements… Déjà les industriels demandent un coup de pouce fiscal. Pour 2020, ils n’auront pas gain de cause, mais pour 2021, le débat est ouvert. 

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