Toutes les compagnies pétrolières, ou presque, publient des “plans climats” pour montrer la compatibilité de leur stratégie avec les objectifs de l’Accord de Paris. Certaines assurent même préparer l’après-pétrole. L’ONG américaine "Oil Change" a passé au peigne fin les déclarations de huit d'entre elles.

Puit de forage pétrolier
Puit de forage pétrolier © Getty / Pramote Polyamate

BP, Chevron, Eni, Equinor, ExxonMobil, Repsol, Shell, Total ont-elle une stratégie compatible avec l'Accord de Paris sur le climat ? 

Il a pour but, rappelons-le, de contenir le réchauffement  climatique «nettement en dessous de 2 °C (...) et de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à un degré et demi »  d'ici à 2100. 

Les huit compagnies auditées par Oil Change ratent la cible, surtout si on vise un degré et demi de réchauffement. 

On pourrait se laisser prendre par leur discours, mais en le disséquant, l’ONG révèle leurs “trucs” pour faire illusion. Total ou Shell affichent des engagements très forts, comme la neutralité carbone, mais limités à l’Europe, très minoritaire dans leur activité. BP fait pareil, mais ne compte pas l’impact de sa participation dans le russe Rosneft.  

Elles mettent en avant l’abandon du charbon et le recul du pétrole au profit du gaz, moins polluant, mais polluant quand même... 

Elles utilisent comme référence le scénario de développement durable de l’Agence Internationale de l’énergie, qui n’est pas assez strict… 

Que faire pour respecter l'accord de Paris ?

Déjà, elles devraient cesser de le contester. Or cinq majors du pétrole ont dépensé l’an dernier 200 millions de dollars en lobbying pour en assouplir les contraintes. 

Ensuite on devrait voir leur production baisser dès 2030. Or dans leurs projections, ce n’est le cas pour aucune d’elles, sauf l’italienne ENI. Exxon fait même un bond de 50% entre 2019 et 2030. 

Surtout, elles devraient cesser de mettre en oeuvre de nouveaux projets. Car arrêter la production est encore plus difficile lorsqu’on a investi. Et commencer à préparer leurs salariés à l’après-pétrole, ce qu’elles ne font pas vraiment. 

Les Européennes plus vertueuses que les Américaines 

Même si ce n’est pas assez pour Oil Change, c’est très net.. Les Européennes font plus d’efforts que les Américaines. Elles investissent massivement dans les énergies renouvelables. Ce que ne font pas  - ou beaucoup moins- leurs concurrentes américaines, Chevron et Exxon

Les plus “vertueuses” comptent sur la finance et la Bourse pour leur donner raison dans cette stratégie. Mais pour Oil Change, il serait surtout plus efficace que les Etats durcissent les règles et ne leur laissent pas le choix. Ce que l’on ne verra pas tant que Donald Trump est là. 

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