Il a levé cette année 255 millions d’euros - le plus gros tour de table de la décennie pour une startup française. Et il permet à nos grandes enseignes nationales, Fnac-Darty, Les Galeries Lafayettes ou Leroy-Merlin, de tenir tête à Amazon.

Le Market-place, le miracle de Noël ?
Le Market-place, le miracle de Noël ? © Getty / Luis Alvarez

Qui est ce Philippe Corrot ?

Philippe Corrot, c’est un fils de commerçant, pas très diplômé mais très bidouilleur, qui a créé Mirakl en 2011, devenu le leader mondial des "places de marché en ligne" ou en anglais, des "marketplace". Vous savez, ces plateformes digitales qui permettent aux enseignes de mettre leurs clients en contact avec des vendeurs extérieurs. 

Aujourd’hui, tout le monde veut sa market-place    

Ce n’est pas un scoop, de plus en plus de gens font leurs courses en ligne. Or ce client "digital" est un être capricieux, qui veut tout, tout de suite, au meilleur prix. C’est là que les market-place entrent en scène. En faisant une place sur leurs sites web à des vendeurs tiers, les enseignes peuvent démultiplier leur offre, et le trafic et les ventes qui vont avec. C’est un puissant levier de croissance.  

Leroy-Merlin par exemple, compte sur son site 170 marchands et espère passer dans un an la barre des 700. De même, ce sont les 211 000 vendeurs présents sur la market-place d’Amazon en France qui nous donnent cette impression de tout y trouver. Bref, les market-place sont un peu... les grands magasins de demain.    

C’est Noël et vous nous annoncez la fin du commerce physique ?

Beaucoup craignent, en effet, que le e-commerce tue les boutiques. Mais on peut aussi penser, à l’inverse, que ces places de marché sont un moyen de les renforcer. La plateforme Pourdebon, par exemple, permet à des maraîchers, des pêcheurs, des fromagers, de vendre leurs produits partout en France. Une étude récente a montré qu’une présence en ligne, loin d’assécher le chiffre d’affaires du magasin, pouvait l’augmenter de 14%. 

Le gouvernement parie en tout cas là-dessus. Il a mis 100 millions d’euros sur la table, dans le cadre du Plan de relance, pour aider les commerces à sauter le pas du digital. Si vous permettez le jeu de mot, il croit au Mirakl.   

L'équipe