Faire construire sa maison devient très difficile pour les ménages modestes

Immobilier : les ventes de maisons individuelles s’effondrent
Immobilier : les ventes de maisons individuelles s’effondrent © Getty / asiseeit

Les ventes de maisons individuelles s’effondrent

Un séjour lumineux, trois chambres, un barbecue, une pelouse égayée par quelques nains de jardin… Pour des millions de Français, "faire construire" reste un véritable accomplissement. Et la crise des "gilets jaunes", qui a mis en lumière les difficultés de cette France de propriétaires à boucler ses fins de mois n’a rien changé à cette aspiration.

Ainsi, au premier trimestre, Maisons Pierre, le troisième constructeur de maisons individuelles en France a enregistré un bond de 18% des demandes de projets. Mais tous n’aboutiront pas, loin de là… 

En 2018, le nombre de maisons individuelles vendues est ainsi tombé à 120 000, contre 135 000 en 2017 : 15 000 maisons en moins sur un an. Et les professionnels du secteur anticipent une année 2019 tout aussi dure.

Pourquoi, alors que les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi bas ?

Le gouvernement a sérieusement raboté deux aides qui étaient cruciales pour le bouclage du financement. 

  • D’abord l’APL accession : là ce n’est pas un coup de rabot c’est une suppression pure et simple, l’année dernière, de ce dispositif utilisé par 30 000 ménages modestes chaque année. Ils bénéficiaient de 150€ d’aide par mois pour leur remboursement
  • Ensuite le fameux PTZ, le prêt à taux zéro a été rogné de moitié dans les zones B2 (les villes moyennes) et C (rurales). Le gouvernement n’a pas mégoté puisqu’on est passé d’un PTZ de 88 000€ en zone B2 à 44 000. Et ce qui se profile pour l’instant c’est une suppression pure et simple du PTZ l’année prochaine.  

Avec la conséquence d’empêcher de nombreux ménages de devenir propriétaires, parce que sans ces apports, leur taux d’endettement devient trop élevé et leur dossier ne passe plus auprès des banques. Quand vous gagnez 2 200 euros nets par mois, si votre mensualité passe d’un peu moins de 600€ à 800€, la banque estime que votre taux d’effort est trop important. Mais au-delà, les professionnels du secteur alertent sur l’emploi. Vous connaissez ce vieux dicton : quand le bâtiment va, tout va ?! Eh bien, une maison construite c’est près de deux emplois directs ou indirects. La chute de la construction en 2018, va se traduire, avec un décalage de quelques mois par plus de 20 000 emplois perdus. Et autant cette année. 

Le ministère du Logement a promis de se pencher rapidement sur ce dossier.

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