James Dyson l’homme qui a révolutionné les aspirateurs, les ventilateurs et les sèches-mains compte se faire une place dans l’automobile. Il a annoncé hier qu’il construirait une usine de voitures électriques à Singapour. Un pari audacieux.

James Dyson n’est pas le premier, totalement étranger à ce secteur, à tenter de bousculer les géants Toyota, Volkswagen ou Renault.  L’automobile a de tout temps attiré les entrepreneurs. Les plus anciens se souviennent de Nicolas Hayek, patron du groupe horloger Swatch, lançant la petite Smart vite reprise par Daimler. Il y a peu, Elon Musk a créé Tesla, avec le succès que l’on connaît.  En réalité, l’automobile vit une deuxième jeunesse. L’Asie foisonne de nouveaux constructeurs. En Chine bien sûr, mais pas seulement. Au mondial de Paris, on a pu découvrir le vietnamien VinFast qui promet de vendre des voitures électriques en 2020. 

Pourquoi tant de nouveaux entrepreneurs se lancent dans l’automobile ? 

La voiture électrique change complètement la donne. Pas de boite de vitesse, pas de réservoir, ni d’embrayage, ni injecteur, un véhicule électrique est moins complexe à construire qu’une voiture classique équipée d’un moteur thermique. Ajoutons que les pièces essentielles comme les batteries et le moteur électrique peuvent être achetés auprès de sous-traitants, alors que jusque-là, le moteur restait largement l’exclusivité les constructeurs. En réalité, il n’a jamais été aussi simple de construire une voiture.  

Dyson, prochaine success story de l’automobile ? 

Le Britannique maîtrise l’innovation de rupture, l’industrialisation et le marketing. Ces produits sont originaux et beaux. Ce sont de réels atouts qui lui donnent de la crédibilité. Mais la vraie question est de savoir s’il pourra inventer une voiture différente de celle de ses concurrents capables d’investir des milliards d’euros chaque année dans la recherche et développement. La rumeur laisse entendre que ses équipes travailleraient sur une batterie offrant une autonomie de plus de 500 ou 600 kilomètres ? S’il y parvient avant tout le monde, alors il aura fait un pas. Mais cela ne suffira pas. L’automobile est une course d’obstacles. Si la conception a été simplifiée comme on l’a vu, la production en grande série reste terriblement complexe. Elon Musk en sait quelque chose. Le service après-vente et l’entretien de véhicules nécessitent également des ressources considérables James Dyson est en quelque sorte au pied de l’Everest. Souhaitons-lui bonne chance car l’ascension sera immensément difficile! La « Dyson Car » est de loin son pari le plus risqué !

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