Depuis une dizaine de jours, les consultations médicales à distance sont prises en charge par la Sécurité sociale. Mais on se rend compte que ce n'est pas si simple...

La télémédecine remboursée par la Sécurité sociale
La télémédecine remboursée par la Sécurité sociale © Getty / Ariel Skelley

Par Marc Lomazzi.

Les patients qui ont recours à la télémédecine – les consultations en visioconférence – peuvent désormais se faire rembourser. Et le tarif est le même qu’une consultation normale : 25€ pour un généraliste et deux fois plus environ pour un spécialiste. Sur le papier, c’est l’avenir et en tous cas la solution idéale contre les déserts médicaux ou le suivi des patients qui souffrent de maladie chronique.

Alors qu’est-ce qui coince ?

Ce qui coince c’est que, pour être remboursé par la Sécu, c’est très compliqué : il faut l’accord de votre médecin traitant, un équipement spécial, une ligne sécurisée… malgré tout, des opérateurs privés ou de grands groupes d’assurance se sont engouffrés dans la brèche et mènent aujourd’hui une véritable guerre commerciale pour décrocher le marché. Quitte, dans leur publicité, à promettre un remboursement dont le malade ne verra peut-être jamais la couleur.

Pourquoi ?

Dans Le Parisien-Aujourd’hui en France ce matin, Nicolas Revel, le patron de l’Assurance maladie met les points sur les i. Pas question d’encourager une médecine par écran interposées pratiquée par des médecins qui ne connaissent pas les malades. Les plateformes privées devront prouver que leurs médecins ont déjà vu le malade avant la téléconsultation ou qu’ils appartiennent à un centre santé locale. Sinon pas de prise en charge.

Et ce n’est pas toujours le cas ?

Non, bien sûr, quand vous êtes une start-up et que travaillez avec quelques dizaines de médecins, difficile de quadriller tout le territoire. Voilà pourquoi l’une ces plateformes privées, Qare, annonce le recrutement de 5 000 médecins libéraux d’ici la fin 2019. Mais, vous le voyez, alors que des tas de villages manquent de praticiens et que les médecins de villes sont débordés, il faudra sans doute attendre encore un peu pour que la télémédecine se généralise en France.

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