Un nouveau mot a fait son apparition dans le petit monde des affaires. Les KHLOL. K-H-O-L. Ce sont nos GAFA à nous, Français.

Un magasin Louis Vuitton, représentant de ces grandes groupes du luxe
Un magasin Louis Vuitton, représentant de ces grandes groupes du luxe © Getty / SOPA Images

Les Etats-Unis ont donc les Gafa - l’acronyme pour Google, Amazon, Facebook et Apple. Et donc, la France a les KHOL. Le K de Kering, le groupe de François Pinault qui possède Saint-Laurent ou Gucci. Le H de Hermès. Le O pour L’Oréal. Et le L de LVMH, le groupe de Bernard Arnault, qui contrôle Dior, Louis Vuitton, Givenchy, Moet-et-Chandon - et on aurait pu continuer encore longtemps.

Ces quatre entreprises pèsent à elle seules un quart de la valeur de toutes les entreprises de l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris. C’est trois fois plus qu’il y a dix ans. Et encore, Chanel n’est pas coté, sans quoi le poids du luxe aurait été encore plus lourd. D’ailleurs quelle est la plus grande entreprise française si on regarde la valeur que leur donne les marchés financiers ? Total ? Sanofi ? Eh bien, non, c’est LVMH.

Partout sur la planète, on s’arrache donc les sacs-à-main, les chaussures ou les alcools des groupes français

C’est notamment en raison de l’explosion des grandes fortunes, toujours plus riches, un peu partout sur la planète, aux Etats-Unis comme en Chine. 

Mais cette boulimie de sacs Vuitton ou de chaussures Balenciaga ne touche pas seulement les plus aisés. Dans certains pays émergents, les nouvelles classes moyennes se ruent aussi sur ces produits. C’est ce que les spécialistes du marketing appellent un achat statutaire - le moyen de montrer aux autres qu’on a changé de statut social et qu’on est plus riche qu’avant.

Face à cela, le grand exploit des groupes de luxe est d’avoir réussi à vendre au plus grand nombre sans altérer leur image. Donc sans pour autant baisser leurs prix 

Et c’est tant mieux pour l’économie française. On estime aujourd’hui que le luxe emploie plus d’un million de personnes en France, soit davantage que l’automobile. C’est d’ailleurs devenu le principal secteur exportateur français, avec l’aéronautique. Une entreprise industrielle sur treize travaillerait dans le luxe, un domaine où en théorie on ne délocalise pas. Ou peu. Car afficher sur l’étiquette “made in France”, c’est presque le minimum syndical.

Bon, l’économie française n’est bien sûr pas la seule profiter de cette frénésie. Bernard Arnault aussi, on s’en doute. La fortune du patron de LVMH dépasse désormais les 100 milliards de dollars. Et si le groupe de luxe poursuit sa croissance, Bernard Arnault devrait d’ici peu devenir plus riche que Jeff Bezos, le patron d’Amazon. Et être ainsi l’homme le plus riche du monde. 

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