C’est une affaire surprenante que la bataille qui s’annonce autour de l’aéroport de Blagnac. Surprenante parce que Blagnac a déjà été vendu une première fois, en 2014.

Emmanuel Macron était alors ministre de l’économie et il a validé à l’époque la vente de 49,9% de l’aéroport à Casil Europe un groupe chinois.  Un choix déconcertant, et qui, cinq ans plus tard, laisse un goût amer aux élus locaux puisque ces mêmes Chinois ont l’air aujourd’hui bien décidés à revendre leurs parts au plus offrant.  

Les élus locaux, droite et gauche confondus, reprochent aux Chinois, un groupe public associé à un fonds de Hong-Kong domicilié aux Iles vierges, de s’être versés de généreux dividendes et d’avoir puisé dans les caisses de l’aéroport pour financer les investissements promis.  Ils les accusent aussi de vouloir empocher une jolie plus-value en revendant 500 millions d’euros une participation achetée 308 millions à l’Etat en 2014.  Une culbute digne des traders de Wall Street.  

Pour l’instant, trois groupes se sont déclarés pour reprendre les parts du site toulousain: un géant du BTP, Eiffage, dont ce n’est pas le métier… Un groupe purement financier appuyé par des banques dont les élus locaux se méfient. Reste le troisième candidat : Vinci. Problème, Vinci gère déjà les aéroports de Lyon et Nantes et devrait récupérer Aéroports de Paris en cas de privatisation. Avec Toulouse, cela serait l’amorce d’un monopole privé. Désastreux pour le gouvernement qui serait forcément accusé d’avoir offert les aéroports français sur un plateau à Vinci.    

Conséquence de ce qui précède, à Toulouse, un quatrième larron pourrait rafler la mise. La société française Edeis, qui possède 18 petits aéroports en France, propose aux élus locaux d’être co-actionnaires de la création autour de Blagnac d’un grand hub régional entouré d’une sorte de Silicon Valley dédiée aux transports du futur. Rien n’est encore joué mais si Edeis l’emporte, ce serait une façon pour les collectivités locales de reprendre la main. Et de tourner définitivement la page chinoise de l’histoire de Toulouse-Blagnac. 

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