Les sociétés chèque en blanc, c’est la nouvelle folie de Wall Street et des milliardaires. Une manière express de coter une société en Bourse mais surtout d'investir aux côtés des milliardaires et des stars de la finance. Il y en a tellement que ça ressemble à une bulle.

Les SPACS ou les 'sociétés chèque en blanc', c’est la nouvelle folie de Wall Street et des milliardaire
Les SPACS ou les 'sociétés chèque en blanc', c’est la nouvelle folie de Wall Street et des milliardaire © Getty / Berkah

Ces sociétés s’appellent - c’est leur nom officiel - les SPAC : pour special purpose acquisition company. Elles accélèrent l'entrée en bourse de start-up. Elles sont créées par des personnalités qui doivent avoir deux caractéristiques : une réputation bien installée et avoir démontré qu’elles savent gagner de l’argent. 

Qui retrouve-t-on derrière ces Spacs ? 

Des stars aussi diverses que le rappeur Jay Z, le basketteur Shaquille O’Neal, le fils de Martin Luther King, le patron de fonds spéculatif Bill Ackman et bien sûr nos milliardaires français : Bernard Arnault ou Xavier Niel. 

Que font-ils ? Eh bien, ils disent aux investisseurs: donnez-moi de l’argent, mon Spac l’investira pour vous dans une start-up ou une entreprise prometteuse, qui aura plus d’argent pour sa croissance et sera ainsi cotée en bourse. 

Qu’est ce qu’ils y gagnent ? 

Les parrains d’un Spac, ses sponsors, gardent tout simplement 20% de la société qu’ils achètent. Les autres… se partagent les 80% restants. 

Il faut donc vraiment que la cible soit bien choisie. Ca peut marcher, il y a eu des succès phénoménaux. Le financier américain Chamath Palihapitiya a par exemple lancé le Spac qui a acheté Virgin Galactic, la société du milliardaire anglais Richard Branson, spécialisée dans le tourisme spatial. Et il a fait un carton en Bourse.  

Mais ce n’est pas toujours le cas. Loin de là. N’empêche. Les investisseurs ont tellement l’impression - et souvent à juste titre - que les milliardaires ont des tuyaux que les autres n’ont pas, qu’ils se précipitent pour leur confier leur argent, sans même savoir ce qu’ils vont en faire ! Un chèque en blanc pour se sentir en quelque sorte initié. 

Vous parliez de Wall Street, mais est-ce que les SPAC existent en France ? 

Ça démarre juste. Et attention, ce type de placement est réservé aux investisseurs qualifiés, c’est-à-dire aux épargnants qui ont au moins un demi-million d’euros sur leur compte ou qui peuvent montrer qu’ils ont une bonne connaissance de la finance et de ses risques. Ce n’est pas pour les PEA, les Plans d'Epargne en Actions des petits. 

C’est donc beaucoup moins la folie ici qu’aux Etats-Unis. Ce qui n’empêche pas certains spécialistes de l’épargne, d’être inquiets. Ces Spacs leur font penser aux montages des subprime. L’un d’eux m’a même dit : "c’est comme si on était en 2006, l’année qui a précédé la dernière grande crise financière". 

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