Du 14 au 19 janvier, Volkswagen a arrêté la production des Tiguan, Touran et Seat Tarraco. L’explication qu’a donnée le constructeur, c’est une pénurie de puces, de microprocesseurs qui équipent les voitures. Il n'est pas le seul, dans cette situation. Faut-il développer plus de capacités en Europe ?

La pénurie de puces électroniques freine la production automobile
La pénurie de puces électroniques freine la production automobile © Getty / Marc Mcdermott / EyeEm

Savez-vous  combien il y a de puces dans une voiture ? Il peut y en avoir jusqu'à une centaine. Elles sont partout: dans les clefs de démarrage, dans les systèmes de freinage ABS, dans les correcteurs de trajectoire… Plus on numérise les voitures et plus on les électrifie, plus il faut de microprocesseurs. 

Pour les 80 millions de véhicules fabriqués dans le monde l’an dernier, la consommation de puces a été de 5 milliards d’unités. Mais depuis la pandémie de Covid, qui a désorganisé la production, on en manque. 

On en manque d’autant plus que la demande explose du côté des fabricants d’ordinateurs, de casques, de téléphones portables ou d’équipements 5G…

Volkswagen est la seule marque qui a dû ralentir sa production ? 

Non pas du tout. Il y en a beaucoup d’autres. Audi, par exemple, la marque haut de gamme du groupe Volkswagen. Mais aussi Ford, dont l’usine allemande dans la Sarre est fermée jusqu’à mi-février. Mercedes a aussi ralenti sa production. L’usine Honda de Swindon en Angleterre a fermé quelques jours. 

Des ruptures ont été signalées chez Nissan, chez Toyota, chez Jeep… C’est un problème mondial. Les constructeurs français sont eux aussi confrontés à la pression mais ils affirment que cela n’a pas encore eu d’impact sur leur production. 

En Allemagne et au Japon, les industriels ont demandé à leur gouvernement d’intervenir pour essayer de faire remonter l’automobile en haut de la liste de priorités des producteurs de puces, qui pour l’instant privilégient les fabricants de téléphone: ils paient plus cher. 

Et qui produit ces microprocesseurs ? On ne peut pas augmenter les capacités ? 

Le principal fabricant de puces, c’est une société taïwanaise, TSMC. La moitié des microprocesseurs sortent de ses usines. Il y a aussi le coréen Samsung, les américains Intel ou Texas Instrument et en Europe: Infineon, NXP ou le franco-italien, bien implanté à Grenoble, ST Microelectronics. 

Les industriels  de Chine populaire utilisent aussi des puces taïwanaises TSMC. Ils travaillent à créer leur propre industrie, pour des raisons de souveraineté, mais ça prendra du temps. 

Les experts pensent que la pénurie pourrait durer jusqu’à l’an prochain. En Europe, tout le monde s’emploie à accélérer la production. Et la question se pose évidemment d’avoir davantage de capacité. Outre Rhin, l’Etat soutiendrait plusieurs sociétés qui veulent réimplanter des usines de puces. Voilà un bel enjeu de relocalisation post Covid. 

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