Dans une interview parue ce matin dans les pages du Parisien-Aujourd'hui en France, Mounir Mahjoubi reproche au géant américain d'avoir transformé le e-commerce en Far West.

Il faut savoir que des centaines de milliers de commerçants ou de petites entreprises françaises n’ont pas les moyens d’avoir leur propre site internet. Ils sont donc obligés de passer par les plateformes numériques. Et, en premier lieu, par la plus puissante d’entre elles, Amazon qui leur dicte sa loi, celle du plus fort. Imaginons, vous êtes une PME, le n°1 mondial du e-commerce va vous offrir une visibilité extraordinaire et devenir un canal majeur de vente. Problème: les frais facturés par Amazon peuvent alors doubler, voire tripler sans la moindre explication. Et vous êtes piégé parce que le géant américain a une arme de destruction massive qui s’appelle le déréférencement: du jour au lendemain, vous pouvez être éjecté de la plateforme et voir votre chiffre d’affaires s’effondrer.   

Que fait le gouvernement pour mettre fin à ces pratiques ?  

Devant l’afflux de plaintes, Mounir Mahjoubi, en charge du numérique, a, fin 2018 (à la fin de l’an dernier), réuni tout le monde autour d’une table, ce qui a abouti à une charte de bonne conduite qui sera signée demain par tous les acteurs - Leboncoin, Cdiscount, eBay, Fnac Darty, etc. Tout le monde sauf le chinois Alibaba et…Amazon. D’où le coup de gueule ce matin dans nos colonnes de Mounir Mahjoubi. Qui, sans prononcer le mot, appelle les consommateurs au boycott. C’est un épisode de plus dans le bras de fer entre le gouvernement et Amazon. Amazon qui n’est pas, il faut le dire, la seule plateforme à franchir la ligne rouge. En janvier, Vente-privée a été épinglée par la Répression des fraudes pour de fausses promotions. Mais c’est vrai que le groupe de Jeff Bezos est dans tous les mauvais coups. Comme les Google, Apple et autres Facebook, il paie très peu d’impôts en France. Il sera donc assujetti à la « taxe Gafa » de Bruno Le Maire. Les conditions de travail à l’intérieur de ses entrepôts sont régulièrement pointées du doigt et le géant du commerce en ligne n’est pas réputé pour mener un combat acharné contre la contrefaçon. Enfin, plusieurs ministres l’ont, ces derniers mois, accusé de tuer le petit commerce.  Voilà, n’en jetez plus. Pas sûr que, du côté de  Seattle, le siège d’Amazon, ça fasse trembler l’homme le plus riche du monde.

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