Depuis 1928, la société pétrolière ExxonMobil était une des 30 valeurs phares de l’indice Dow Jones. Mais le 31 août prochain, elle va en sortir et sera remplacée par l’action de l’éditeur de logiciels californien Salesforce. Tout un symbole.

La société pétrolière ExxonMobil va sortir de l'indice Dow Jones. Quelles conséquences ?
La société pétrolière ExxonMobil va sortir de l'indice Dow Jones. Quelles conséquences ? © Getty / Budrul Chukrut/SOPA Images/LightRocket

Le 31 août, l'action ExxonMobil sortira de l'indice Dow Jones, pour être remplacée par Salesforce. On en oublierait presque qu’en 2011 - il n’y a pas si longtemps - elle était encore  la première capitalisation boursière mondiale, c’est-à-dire la société la plus chère du monde, l’étoile. Mais le nouveau monde chasse l’ancien. La star aujourd’hui c’est Apple, qui vaut 2000 milliards, tandis que les compagnies pétrolières sont devenues infréquentables. 

Les investisseurs leur reprochent leur impact sur l’environnement. Et pas plus tard que lundi, on en a eu un exemple : le plus grand fonds privé norvégien Storebrand a décidé de bannir les actions Exxon de son portefeuille. Il reproche à la compagnie son lobbying anti-Accord de Paris, anti-climat.

A cela s’ajoute la récession et la demande pour le pétrole qui s’effondre. Résultat, depuis le début de l’année, l’action ExxonMobil a perdu 40% de sa valeur. La société vaut douze fois moins qu’Apple. 

Qui décide de changer la composition de l’indice Dow Jones ? 

C’est un comité ad hoc, qui n’a pas de règle ou de critère prédéfinis, mais qui doit faire en sorte que l’indice reflète l’état de l’économie américaine, avec des entreprises de référence et en croissance. 

Il a donc décidé de prendre en compte la place croissante qu’occupent les sociétés de la Silicon Valley, les géants de la technologie, par rapport aux entreprises traditionnelles et polluantes. Salesforce, la société qui remplace Exxon, vend des logiciels spécialisés dans la gestion de la relation clients. Elle n’a été créée qu’en 1999 mais elle vaut plus cher que le géant pétrolier. 

Ce changement de physionomie de l’économie est une tendance mondiale. La preuve, on a aussi appris hier qu’Alibaba, le géant chinois du e-commerce, allait introduire en Bourse sa filiale de services financiers - celle qui gère Alipay - et que cela pourrait lui rapporter plus que la mise en Bourse d’Aramco, la richissime compagnie pétrolière saoudienne. 

Cette éviction sanctionne aussi une mauvaise année pour les pétroliers. 

En effet la récession mondiale et la baisse des cours du pétrole, au plus bas depuis vingt ans, ne les aide pas. La situation géopolitique non plus. Les groupes Shell, BP, Chevron ou Total ont décidé de faire une croix sur la valeur de certains gisements, dont l’exploitation ne paraît plus rentable. Ils ont passé de lourdes provisions pour dépréciations d’actifs. Exxon a réduit de 10 milliards de dollars ses investissements. 

Certains promettent de se transformer pour préparer l’après pétrole. On ne sait pas s’ils sont vraiment sincères, mais une chose est sûre : sans cet engagement ils n'attirent plus ni jeunes talents ni investisseurs. 

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