Actuellement, une entreprise chinoise du nom de HNA se débat pour éviter la faillite. Jusqu’ici rien d’effrayant, parce que la Chine c’est loin. Et parce que HNA vous n’en avez sans doute jamais entendu parlé.

Chen Feng, fondateur de la société de conglomérat HNA Group et de Hainan Airlines.
Chen Feng, fondateur de la société de conglomérat HNA Group et de Hainan Airlines. © Getty / VCG

Mais HNA est le symbole d’une des plus grandes menaces du moment pour la croissance mondiale : la montagne de dette sur laquelle repose l’économie chinoise. HNA, c’est un conglomérat industriel, une entreprise sans spécialité, qui investit dans tous les secteurs. Et ces dernières années, HNA a dépensé des dizaines de milliards de dollars pour s’offrir des hôtels comme Carlson ou Radisson, entrer au capital de Deutsche Bank ou prendre chez nous une participation chez Pierre & vacances.

L’argent coulait à flots, parce que HNA pouvait emprunter de façon quasi-illimité auprès des banques chinoises. En fait, le groupe faisait juste n’importe quoi et achetait ces participations bien bien trop cher. Avec comme complice le système financier chinois dans son ensemble, qui n’a cessé ces dernières années de faire grossir la dette de HNA comme de toutes les entreprises du pays. Et comme aussi la dette des ménages du pays. 

Quand on parle de dette, on pense pourtant plus souvent aux pays développés. Pas vraiment à la Chine… 

C’était vrai il y a dix ans. Mais la grande crise financière de 2008 a tout fait exploser. Pour éviter de voir la croissance de la Chine s’effondrer, les autorités de Pékin ont ouvert en grand les vannes du crédit. Quiconque avait besoin d’argent obtenait de l’argent.

Voilà comment, au milieu de la décennie, la Chine en est arrivée à consommer en trois ans une fois et demie plus de ciment que les Etats-Unis durant tout le vingtième siècle. Tout était possible. C’est simple, l’endettement total  de la Chine a été multiplié par deux en dix ans. Les entreprises du pays sont les plus endettées au monde. Et les ménages du pays sont les plus endettés au monde. 

Et c’est un risque pour nous, en Europe ? 

Oui, parce que la Chine, c’est encore  aujourd’hui un quart de la croissance mondiale. Un accident d’ampleur là-bas aurait forcément un impact majeur chez nous. En mettant au jour un vieux slogan, on peut dire que “Quand Pékin éternue, c’est le monde qui s’enrhume.” D’ailleurs, voilà quelques jours, la Banque mondial a publié un rapport alarmiste sur l’envolée vertigineuse de la dette dans les pays émergents et les risques qui y sont associés. Impossible, diplomatiquement, pour la Banque mondiale de viser nommément un pays. Mais tous les observateurs ont bien décodé le message à peine crypté  : c’est la Chine et sa dette galopante qui étaient ainsi visés. 

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