Vendredi, la “famille” du cinéma se réunira pour la Cérémonie des Césars. Après les révélations courageuses d’Adèle Haenel, la polémique autour de Roman Polanski et de son film J’Accuse, en tête des nominations, la démission d’Alain Terzian, l’ambiance sera tendue. Sur le plan financier, c'est pareil.

Où va l'argent du cinéma ?
Où va l'argent du cinéma ? © Getty / Blanchi Costela

Pourtant Mathilde, on devrait se féliciter : 2019 a été une très bonne année pour le cinéma. 213 millions de billets se sont vendus. C’est le meilleur chiffre après celui de l’année 2011, l’année d’Intouchables, et de l’année 1966, le record absolu, 234 millions d’entrées. 

Les films français ont fait un gros tiers de ces entrées, ce qui n’est pas si mal. Le trio de tête, c’est : Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron, avec 6,7 millions d’entrées, Nous finirons ensemble de Guillaume Canet, 2,8 millions et ex aequo Hors Normes d’Eric Toledano et Olivier Nakache et Au nom de la terre d’Edouard Bergeon. 2 millions d’entrées. 

Mais ce sont surtout les films américains qui attirent le public, notamment le public jeune. Avec en tête Le Roi Lion, La reine des neiges 2, Avengers, Star Wars ou Joker. C’est de très bon augure pour Disney, dont la plateforme de streaming - les films et séries qu’on regarde via Internet sur abonnement- va arriver en France dans moins d’un mois. 

Avec le développement de ces plateformes et le poids des films américains, y a-t-il encore des financements pour les films français ? 

Depuis six ans, c’est très stable, autour d’un milliard d’euros par an d’investissements. Mais comme le nombre de films augmente (plus près de 300 par an que de 200), les professionnels n’ont pas cette impression. 

De fait, le budget par film est en forte baisse. En trois ans, il serait passé en moyenne de 4,5 millions d’euros à un peu moins de 3 millions, selon le financier Didier Duverger. Les chiffres du CNC sont un peu plus élevés mais suivent la même tendance. 

La source des financements change aussi beaucoup et cela peut être perturbant

Pour pouvoir diffuser les films plus vite à ses abonnés, Canal Plus avait accepté, à sa création, de consacrer une part importante de son chiffre d’affaires au cinéma. Mais avec la concurrence des chaînes sportives et de Netflix, ce chiffre d’affaires baisse. Trois grands distributeurs de films sont par ailleurs en faillite. 

Les financements publics ont pour l’instant pris le relais. Mais le nouveau patron du CNC Dominique Boutonnat vient d’annoncer une remise à plat des différentes aides. 

Un fonds a été mis en place par la Banque Publique d’investissement pour soutenir les industries culturelles. Une taxe Youtube a été créée. Le ministre de la culture prépare aussi une loi qui obligera Netflix à consacrer 25% (c’est le chiffre avant négociation) de ses recettes à la création française. Mais il faut du temps pour que tout le monde prenne ses marques. 

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