Le groupe LVMH a racheté le joaillier américain Tiffany pour presque 15 milliards d’euros. L’achat a été annoncé hier. 15 milliards, c’est un très très gros cadeau de Noël !

Une vitrine de Tiffany, ici à Düsseldorf
Une vitrine de Tiffany, ici à Düsseldorf © AFP / HORST OSSINGER / DPA / dpa Picture-Alliance

Bernard Arnault, le patron de LVMH, le voulait vraiment. Il a remonté son prix pour convaincre le conseil d’administration de Tiffany d’accepter son offre. Il est maintenant le premier joaillier du monde, nettement devant le groupe suisse Richemont, propriétaire de Cartier et de Van Cleef and Arpels. 

15 milliards d’euros, à nous évidemment ça paraît énorme, mais il faut ramener cela à l’échelle du groupe LVMH, qui lui vaut en Bourse, 204 milliards d’euros, un record. Je vous rappelle que la famille Arnault détient presque la moitié des actions LVMH. 

Tiffany, c’est évidemment une marque mythique. Souvenez-vous du film “Diamants sur canapé”, avec Audrey Hepburn. C’est devant la boutique Tiffany de New York qu’elle flâne en robe fourreau noire. Mais Tiffany, c’est aussi 14 200 salariés à travers le monde, dans 320 boutiques, dont la moitié aux Etats-Unis.  

Audrey Hepburn
Audrey Hepburn © Getty / Paramount Pictures

Un investissement de 15 milliards, ce n’est pas facile à rentabiliser, quand même. Comment va faire le groupe LVMH ? 

Il compte sur les fiancés du monde entier et en particulier les riches asiatiques pour l’y aider. Le marché de la bague de fiançaille et du diamant progresse tout de même de 7% par an et c’est Tiffany qui a lancé la mode du solitaire.  

Bernard Arnault a aussi sa petite idée. Récemment lors d’un passage à Séoul, il a remarqué deux anomalies dans une vitrine Tiffany : un bouteille de pshitt lave-glace avait été oubliée et un présentoir était vide avec un post-it : indisponible. Impensable dans une boutique de son groupe. Il y veille personnellement. 

Et puis en répondant aux analystes financiers qui se posaient la même question que vous, une autre explication a été avancée par la direction du groupe : la Bourse, a-t-elle dit, ne favorise pas toujours une stratégie de long terme. En quittant le marché pour LVMH, Tiffany va donc pouvoir investir.  C’est étonnant, n’est-ce-pas ! 

A plusieurs reprises, Bernard Arnault a aussi  mis en garde ses propres actionnaires contre les bulles qu’il voit se former. C’est peut-être pour cela qu’ils lui font une confiance aveugle. Hier l’action LVMH a encore monté de 2%, alors que lorsqu’on achète une entreprise aussi cher, normalement le cours baisse. Depuis le début de l’année, elle a gagné 57% !   Quant aux salariés de LVMH, ils ne sont pas sans doute pas les plus à plaindre. L’an dernier, dans les sociétés du luxe cotées en Bourse - je ne parle donc pas des sous-traitants-, l’intéressement et la participation a dépassé 9000 euros par personne en moyenne.

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