Pendant l’épidémie de Covid, le capitalisme ralentit mais ne s'arrête pas. Les batailles se livrent toujours. Et certains cherchent à faire de bonnes affaires, plus ou moins discrètement… Exemple avec les grandes manoeuvres autour du groupe Lagardère, qui tiendra son assemblée générale le 5 mai.

Pendant le Covid-19 les affaires continuent
Pendant le Covid-19 les affaires continuent © Getty / runeer

Il n’y a plus de déjeuners d’affaires, plus de dîners du Siècle, de soirées à l’Opéra. 

Tout se passe au téléphone ou en visio conférence

Mais cela n’empêche pas les idées de rachat d’entreprise, de fusions et acquisition de pointer. Car les fonds d’investissement et certaines grandes fortunes ont encore de l’argent à placer. On dit que Apollo, un très grand fonds américain, a une “shopping list” de 300 entreprises cibles. 

Ne pas devenir une cible, c’est d’ailleurs la raison - parfois le prétexte - que les sociétés cotées en Bourse avancent pour continuer à distribuer des dividendes à leurs actionnaires malgré la violence de la crise. 

De quoi ont-ils peur ? 

D’être racheté par un concurrent qui se serait mieux débrouillé ou serait moins endetté, par exemple, ou par un fonds qui leur dicterait sa loi.  

C’est ce qui se passe chez Lagardère. Le groupe actionnaire des magasins Relay, de l’éditeur Hachette, d’Europe 1 et de Paris Match est, depuis un moment déjà la cible du fonds Amber Capital, piloté par un Français installé à Londres, Joseph Oughourlian. Il a petit à petit grignoté 18% de son capital et il veut prendre le contrôle du conseil de surveillance de Lagardère lors de l’Assemblée générale du 5 mai. 

C’est pour éviter cela que Nicolas Sarkozy est entré à ce conseil de surveillance

Effectivement, Nicolas Sarkozy et Guillaume Pépy sont venus en renfort. Mais cela ne suffit pas. Car beaucoup d’actionnaires de Lagardère, qui ont perdu de l’argent avec Arnaud, se sont rangés derrière le fonds Amber Capital. C’est le cas de l’Adam, l’association des actionnaires minoritaires présidée par Colette Neuville

Arnaud Lagardère a dû trouver d’autres alliés, des actionnaires

Le premier, le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, patron de Fimalac, a flairé la bonne affaire avant même qu’on ne le lui demande. Il avait de la trésorerie. Il a donc acheté des actions Lagardère au plus bas autour de 8 euros 50. Elle vaut presque 15 euros. 

Vincent Bolloré 

Vincent Bolloré est arrivé - via Vivendi, société qu’il contrôle - en chevalier gris… Gris parce qu’on ne sait pas s’il veut défendre Lagardère, ce que font les chevaliers blancs, ou ne faire qu’une bouchée de son groupe, plutôt chevalier noir, alors. 

Une chose est sûre, pour être du côté des prédateurs et non du côté des proies, Vincent Bolloré a annoncé qu’il augmentait le dividende de Vivendi de 20% pour soutenir son cours de Bourse, malgré le virus ! 

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