L’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky fait à nouveau parler de lui dans l’Hexagone : après son entrée au capital du journal Le Monde et le rachat de l’hebdomadaire Marianne, il investit dans l’énergie. Mais qui est-il vraiment ?

Ange ou démon, c’est la question que se pose le monde des affaires en France depuis son intrusion, cette année, dans l’univers des médias. Ce citoyen tchèque, francophile, âgé de 43 ans, possède un petit empire médiatique dans son pays, il est aussi propriétaire d’un club de foot – le Sparta de Prague – même s’il avoue ne pas être un grand fan du ballon rond. Mais ça fait tellement classe ! Et Daniel Kretinsky peut se permettre quelques fantaisies : sa fortune est évaluée à 2,3 milliards de dollars. Il est l’un des hommes les plus riches de République tchèque. C’est dans le secteur de l’énergie qu’il a construit son incroyable réussite. Son groupe EPH réalise 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploie 25 000 personnes en Europe. Il pose donc un premier jalon en France avec le rachat des cinq centrales électriques de l’Allemand Uniper.

D’où vient cette réussite fulgurante ?

Daniel Kretinsky n’est pas un héritier. C’est un énorme bosseur : il démarre ses journées à 7 heures du matin et travaille jusque tard dans la nuit. Pour déjeuner, il se contente d’un bol de soupe. Il conduit lui-même sa voiture. Sa mère était magistrate, proche de Vaclav Havel. Son père était prof d’informatique. Kretinsky a commencé comme juriste dans un fonds d’investissement avant de se lancer lui-même dans les affaires. Et il investit tous azimuts, surtout dans les énergies fossiles, beaucoup dans le charbon. En 2009, il réalise un coup de maître : pour 2,5 milliards de dollars, il met la main sur 49% du gazoduc Eustream, considéré comme l’une des portes d’entrée du gaz russe dans l’Union européenne.

Faut-il redouter son influence grandissante dans l’Hexagone ?

Il y a du docteur Jeckyll et du mister hyde dans cet homme-là. 

D’un côté, l’homme de média et défenseur de la liberté d’expression contre les Gafa comme il aime à se présenter. De l’autre l’industriel, soupçonné d’être lié à Moscou – cela l’agace d’ailleurs profondément. Il est aussi montré du doigt par les défenseurs de l’environnement qui lui reproche de prolonger les énergies fossiles. Le think tank britannique Sandbad l’accuse d’être le deuxième pollueur d’Europe. Assurément, il y a plusieurs facettes dans ce personnage, que les Français commencent tout juste à découvrir.

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