Les plus grands labos, les Merck, Sanofi, Novartis, Pfizer, et autres Roche ou GSK se portent financièrement très bien. Leurs profits se chiffrent en milliards d’euros, près d’une dizaine même pour les plus profitables. Malgré cela, ils ne sont pas totalement sereins.

Le coût de recherche et développement d’un médicament a doublé au cours des huit dernières années, grimpant de 1 à 2 milliards de dollars en moyenne selon une étude du cabinet Deloitte, alors que dans le même temps, le revenu annuel maximum par médicament a lui été divisé par deux: 400 millions de dollars contre 800 millions il y a quelques années.   

En cause: l’allongement de la durée de recherche

7 ans en moyenne par traitement, augmente mécaniquement les dépenses.  Ensuite, les labos ont tendance à se concentrer sur des aires thérapeutiques plus risquées, comme l’oncologie par exemple. Les échecs sont donc plus fréquents. Or, à chaque arrêt d’une recherche ce sont des dizaines, voire des centaines de millions d’euros d’investissements qui passent par pertes et profits. Enfin: les exigences des autorités de santé ne cessent de se durcir. Les essais de phase III d’un traitement, c’est-à-dire juste avant sa commercialisation, sont plus longs et donc plus coûteux.  

Comment expliquer la baisse des recettes ?  

D’abord, il y a plus de concurrence dans tous les domaines de recherche. Donc un succès peut être balayé avec l’arrivée d’un nouveau médicament. De même, les labos ciblent plutôt des traitements qui concernent des populations plus restreintes, donc les espoirs de recettes sont plus faibles. Ajoutons que les payeurs, autrement dit les organismes de sécurité sociale de chaque pays, cherchent à faire des économies et réduisent les montants remboursés. Enfin, les labos font face à la montée en puissance des génériques et des biosimilaires qui rognent leurs recettes.  

Que font les groupes pharmaceutiques pour tenter de redresser la rentabilité de leur recherche?  

Ils diversifient leur recherche. Plutôt que de tout faire en interne, les labos rachètent ou financent les start-up qui ont un traitement prometteur. Ils réduisent ainsi le taux d’échec et donc les dépenses inutiles. Ensuite, ils misent sur les nouvelles technologies et particulièrement sur l’Intelligence artificielle pour améliorer l’efficacité de la recherche et donc là encore faire baisser les dépenses. Les méga bases de données permettent de mieux sélectionner les patients pour les essais, et même de faire des essais virtuels. Le numérique révolutionne la e-santé, la télémédecine, la génétique et donc aussi la recherche des labos pharmaceutiques.  Le numérique provoque partout un vrai Big Bang !

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