Le Forum de Davos s’est achevé ce week-end. Les grands patrons qui s’étaient déplacés dans la petite station des Alpes suisses sont repartis, pour beaucoup, en jet privé.

C’est presque devenu une ritournelle. Tous les ans, les puissants de la planète jurent la main sur le cœur, à Davos, que le climat est leur préoccupation première. Oui, ils jurent que jamais ils ne feront passer d’autres priorités - au hasard le profit - avant le réchauffement climatique. 

Et puis tous les ans, ces mêmes world leaders - c’est comme ça qu’on les appelle - rentrent chez eux en jet. Une société spécialisée en a répertorié 1 500 autour de Davos la semaine passée. Pour l’empreinte carbone, c’est sûr, on a vu mieux.

Mais Davos n’a pas été épargné par le “Flygskam”

Ce mot né en Suède et qui veut dire “la honte de prendre l’avion”. Les organisateurs ont donc mis dans les aéroports un carburant un peu particulier : un mélange de kérosène classique, du pétrole quoi, avec des biocarburants, d’origine végétale. De quoi réduire les émissions de CO2 de 18%.

Mais malgré tout, ces vols en jet émettent davantage de carbone qu’un trajet en avion de ligne ou en train : on est dans le symbole. Mais ces biocarburants - fabriqués à partir d’algue, d’huile ou de colza fermenté - sont une des pistes principales pour réduire l’empreinte carbone du transport aérien. 

L’avion, c’est 3% à 4% des émissions de gaz à effet de serre. Et les spécialistes estiment souvent que le trafic aérien pourrait doubler d’ici quinze ans. Bref, il y a urgence à trouver des solutions.

Tout à heure, la ministre de l’écologie, Elisabeth Borne, sera justement à Toulouse pour tenter de créer en France une filière consacrée aux biocarburants aériens. Aujourd’hui, les avions n’en consomment presque pas. Car ça coûte très cher, deux à trois fois plus que le kérosène classique. Et car l’offre est quasi inexistante. La ministre a donc pour ambition de créer un marché ! Elle espère que 2% du carburant consommé par les avions en 2025 sera du biocarburant. Et vise 50% dans trente ans.

En 2050 donc, dans très longtemps. Ça ne suffira pas pour tenir les accords de Paris sur le climat.

C’est  vrai. Les biocarburants ne sont pas la solution miracle, juste un moyen parmi d’autres de rendre le transport aérien moins polluant. 

C’est  le cas aussi du progrès technique par exemple : chaque nouvelle génération d’avion est moins gourmande en kérosène que la précédente. Donc moins polluante. Mais de là à parler d’avion vert, c’est une autre histoire. 

Quant à l’avion électrique, rien que le poids des batteries qui seraient nécessaires le rend très improbable. 

En fait, à l’avenir le seul vol vraiment écologique, comme aujourd’hui, risque d’être le vol que l’on ne fait pas. 

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