Les spéculations sur un rapprochement entre PSA et Fiat sont récurrentes depuis des années. Ces deux sociétés familiales se connaissent bien et produisent même des véhicules en commun.

L’une et l’autre ne cachent pas non plus leur volonté de grandir  pour se rapprocher du fameux cap des 10 millions de voitures produites chaque année. Or Fiat Chrysler en a vendu  4,8 millions l’an dernier et PSA Opel : 4 millions.  Cela fait pas mal de raison de discuter.  Oscar Tavares qui pilote PSA et Mike Manley, son homologue chez Fiat Chrysler, ont donc échangé lors du salon de Genève qui s’est tenu début mars. Mais franchement personne ne sait à ce stade si un projet de fusion est vraiment à l’étude.  

Pourquoi est-il si important de se rapprocher du cap des 10 millions de véhicules ?

En grandissant, un constructeur peut réaliser de sérieuses économies, sur les achats mais aussi sur la fabrication. Et ces euros économisés sont cruciaux, car il faut savoir qu’un constructeur généraliste gagne très peu d’argent par véhicule, à peine quelques centaines d’euros pour les petits modèles comme la Clio, la 208 ou une petite Toyota.  Ensuite, grandir c’est aussi le meilleur moyen d’être présent sur tous les grands marchés de l’auto, l’Europe, les Etats-Unis, et la Chine, et ainsi de mieux résister si l’un d’entre eux décroche. Enfin et surtout, la taille est aussi incontournable pour financer les gigantesques investissements auxquels font face les industriels. Qu’il s’agisse de la voiture autonome, de la voiture connectée, des motorisations hybrides, des véhicules à batterie.  Chacun de ces projets est colossal: le groupe Volkswagen a par exemple annoncé en fin d’année dernière qu’il allait devoir investir 44 milliards d’euros dans la voiture électrique au cours des 7 prochaines années ! 

Les intérêts du mariage 

Tenter un mariage équilibré c’est particulièrement risqué. On le voit actuellement avec Nissan et Renault qui n’ont jamais semblé être si éloignés, 20 ans après avoir construit une alliance qui a pourtant formidablement enrichi les deux groupes.  Quant au rachat, c’est là encore très compliqué. Il faut s’entendre sur le volet capitalistique et la gouvernance. Autrement dit: décider qui rachètera qui. Or les Agnelli et les Peugeot sont deux vieilles familles industrielles très attachées à leurs entreprises. Et puis l’automobile revêt pour un pays une dimension politique et symbolique très forte, qui ne pousse pas au rachat d’un fleuron industriel par un groupe étranger, même européen. Réunir Peugeot, Fiat, Citroën, Chrysler, Opel, DS, Alfa et Jeep, c’est séduisant mais très loin d’être évident.

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