Nos modes de travail changent. Beaucoup de cols blancs désertent les bureaux dans les grandes villes. Les sociétés spécialisées dans la restauration d’entreprise doivent innover. Qu’est-ce qu’elles nous préparent ?

Quand les cantines d'entreprise se réinventent
Quand les cantines d'entreprise se réinventent © Getty / Rapeepong Puttakumwong

Pour le voir, je suis allée hier à La Défense chez Elior. C’est l’un des trois principaux acteurs du secteur en France, avec Sodexo et Compass. Pour vous donner une idée : l’an dernier, il a servi 282 millions de repas. 

La pandémie a été une énorme claque pour la restauration d’entreprise qui n’a jamais retrouvé son niveau d’activité d’avant-Covid. La fréquentation aujourd’hui est encore inférieure de 40% à celle d’octobre-novembre de l’an dernier. 

Dans les usines, le taux est un peu meilleur, mais dans les quartiers de bureaux des grandes villes, on tombe à 50%. La division restauration d’entreprise d’Elior supprime donc près de 1 900 postes (avant reclassements internes) sur 9 500. 

C’est un effet télétravail ? 

Absolument et un effet qui va durer. Avant la crise, moins de 40% des salariés nourris par Elior bénéficiaient d’un accord de télétravail et restaient en moyenne chez eux un jour par semaine. Aujourd'hui, cela concerne 80% des salariés pour deux, voire trois, jours par semaine. On les verra beaucoup moins à la cantine… 

Elior se remue donc les méninges. Et vite. “Un des effets de cette crise, reconnaît son patron,  Philippe Guillemot, c’est qu’elle a accéléré le temps pour nous. Ce qu’on faisait en une année, on le fait un mois. Ce qu’on faisait en quelques mois, on le fait en quelques semaines. Ce que l’on faisait en quelques semaines, on le fait maintenant en quelques jours”

Et quelles solutions sont possibles ? 

Elior les a présentées hier dans son "Lab", un espace de démonstration à La Défense. Ces idées étaient déjà en gestation avant le Covid pour répondre à la baisse de fréquentation des restaurants d’entreprise par les jeunes salariés. Le Covid a accéléré leur concrétisation. 

Les entreprises peuvent maintenant proposer aux salariés de commander leur repas sur leur smartphone et de le prendre à l’heure qui les arrange. Fini le créneau 12h30-14h pour tout le monde. Elior met aussi en place des distributeurs où l’on prend son plat quand on veut, même le soir. Très pratique pour les entreprises qui n’ont pas la place pour un vrai restaurant. Il y a même des robots à salades, conçus avec Bonduelle. 

Les plats qui n’ont pas été vendus le midi peuvent être achetés à prix cassé pour le dîner du soir, grâce à un partenariat avec la start-up Too Good To Go. Et ceux qui sont en télétravail en Ile-de-France peuvent se faire livrer chez eux, grâce à la start-up I-Lunch. 

Je pourrais continuer longtemps, car la Covid a stimulé l’innovation. Avant la pandémie, les salariés ne venaient qu’une fois sur deux à la cantine. Maintenant qu’ils ne viennent plus que 3 jours par semaine au bureau, Elior veut les voir tout le temps. 

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