Il y a quelques mois encore, on ne jurait que par l’intelligence artificielle. Cette technologie devait résoudre les problèmes les plus complexes au risque de menacer nos boulots. Comment l'utilise-t-on face au Covid ?

On disait que l'intelligence artificielle allait tout résoudre, mais sur le covid-19 qu'en est-il ?
On disait que l'intelligence artificielle allait tout résoudre, mais sur le covid-19 qu'en est-il ? © Getty / Cai Zixin/China News Service

Les conséquences de l’épidémie sont tellement inattendues, imprévisibles, que le bon sens humain, le système D reviennent à la mode et que les algorithmes paraissent un peu dépassés ! 

Prenez l’exemple des comptables. Hier on annonçait leur disparition, remplacés par des logiciels utilisant l’intelligence artificielle... Aujourd’hui, ce sont eux qui ont le plus de boulot : ils conseillent les entreprises sur tout. Comment avoir recours au chômage partiel, demander un report de charges, organiser son activité en sortie de confinement. 

Hier, l’IA faisait le planning des caissières et aidait à gérer les stocks de certains hypermarchés, en fonction de nos habitudes, de nos achats passés et de la météo à venir par exemple. Mais impossible de prédire notre ruée sur la farine et les oeufs. Et encore moins notre comportement social à compter du 11 mai. 

L'intelligence artificielle était aussi très prometteuse en médecine 

Elle devait, disait-on, remplacer les radiologues en analysant plus vite et mieux des millions de radios ou de mammographies. Eh bien on attend toujours qu’elle nous dise comment le Covid-19 s’attaque aux poumons à partir des scanners relevés ces derniers mois. 

La Société française de radiologie s’en occupe, mais on commence tout juste à installer les logiciels dans les hôpitaux. Cela servira peut-être à une deuxième vague du virus…  

L’intelligence artificielle, qui bat les meilleurs joueurs au jeu de go, a aussi permis de modéliser des protéines en 3D. On compte donc sur elle pour modéliser le virus. C’est un moment de vérité pour cette technique, explique Jamal Atif, chercheur au CNRS et à l’université Paris-Dauphine, qui a recensé tous les projets dans lesquels on utilise l’intelligence artificielle contre le Covid. Mais pour l’instant, on n’a encore rien vu. 

L’IA nous dit-elle quand même comment se propage l’épidémie ? 

Pas complètement. En Chine, il n’y a pas cette protection de la vie privée qui nous est chère  et qui freine le développement d’application de traçage. Mais Jamal Atif, comme beaucoup de chercheurs, se méfie beaucoup des données chinoises. 

L’outil le plus prédictif aujourd’hui, cela semble être ces chatbots, des robots conversationnels pratiques pour se renseigner sur les symptômes du Covid et savoir s’il faut appeler le 15 ou pas. Si plusieurs personnes d’un même quartier, se signalent en même temps, les chatbots peuvent alerter sur un début de foyer. 

Mais finalement, cette pandémie remet l’IA à sa place : celle d’une brique de logiciel sophistiquée et utile, mais loin d’être une technologie miracle. C’est bon pour nos boulots ! 

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